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6.
Aux États-Unis
Marconi
L’histoire de la radio aux États-Unis
débute avec Marconi lui-même, puisque dès 1899, il y avait fait un
premier séjour, pendant lequel il s’était acquis une solide réputation,
en diffusant par TSF quantité de messages de toutes sortes, depuis une
station expérimentale d’installation temporaire.
Entre autres, il avait transmis les résultats de régates célèbres,
ce qui avait considérablement moussé sa publicité.
En 1902, il se rendait de nouveau
aux États-Unis, cette fois pour installer une station permanente,
super-puissante, paraît-il, à Wellfleet, Mass., près de Cape-Cod, au
bord de la mer. Là, son
système d’antenne, plus moderne et plus scientifique, se composait de
quatre tours massives de 70 mètres (210 pieds) de hauteur.
Des vestiges de ces mastodontes existent encore, protégés par
le gouvernement américain. Une
maquette à l’échelle réduite a été réalisée pour en perpétuer
le souvenir, sur le site même de l’installation.
Cette station devait assurer la
liaison avec l’Angleterre, échanger des messages officiels, des
nouvelles, et surtout communiquer avec les navires en mer.
Cet objectif était, répétons-le, la raison d’être de la TSF
à cette époque. L’émetteur,
évidemment du type Marconi, c’est-à-dire du type spark-gap, à
étincelles radiantes et ondes amorties (damped waves), était alimenté
en électricité par une énorme génératrice à courant direct, dont
le bruit, dit-on pouvait être entendu à cinq kilomètres à la ronde.
Le message inaugural de cette station, transmis le 19 janvier
1903, était signé de la main du président Théodore Roosevelt, et
s’adressait au roi Édouard VII.
La station fonctionna pendant quinze ans, jusqu’en 1918, alors
que ses appareils devenaient périmés, et devaient céder la place aux
nouveaux appareils électroniques utilisant les lampes à vide.
Le peuple américain fut vite
conquis par le charme de Marconi, et fasciné par ce moyen moderne de
communication qu’il venait d’implanter sur le continent.
Le succès qu’il avait remporté en 1901, alors qu’il réussissait
la traversée de l’Atlantique avec son signal de TSF, avait attiré
l’attention des savants, des ingénieurs et surtout des bricoleurs qui
allaient bientôt s’appeler
« radio-amateurs ».
Marconi avait « une longueur d’avance » sur son
concurrent et rival, le Canadien Fessenden qui lui aussi, oeuvrait dans
le même domaine, mais de façon plus discrète.
La compagnie Marconi fondait en
1903 sa première succursale en terre étrangère, sous le nom de
American Marconi Wireless Telegraph, et inaugurait en 1904, un service régulier
et quotidien de transmission de messages officiels et de nouvelles, en
se servant de relais installés à bord de navires transatlantiques,
pour obvier aux difficultés de propagation des mauvais jours, les fréquences
relativement basses (1,500 kilohertz) de cette époque ne permettant pas
toujours de longs trajets. On
sait qu’encore aujourd’hui, réussir une liaison outre-atlantique sur
ondes moyennes est toujours du domaine de l’extraordinaire…Trois ans
après, en 1907, le service officiel devenait service public et
acheminait des messages privés.
Ce système de transmission TSF
par relais devait, en 1915, assurer une liaison spectaculaire entre San
Francisco et la ville de Funabashi, Japon.
Cette distance de 9,600 kilomètres fut franchie grâce à un
relais installé à Honolulu, aux îles Hawaï.
Inutile de préciser cependant que cette performance était plutôt
occasionnelle, pour les raisons données plus haut.
Il ne fallait pas trop compter sur la TSF d’alors pour
communiquer à cette distance sur demande,
Les longueurs d’onde les plus « courtes » étaient
de l’ordre de 200 mètres; en
1915, il n’était pas encore question d’ondes courtes.
Néanmoins, cette prouesse était digne de mention, compte tenu
des moyens employés. En
1910, les techniciens de la Marconi Wireless tentèrent un premier essai
en téléphonie. Un récital donné par le chanteur Caroso, compatriote de
Marconi, fut retransmis à partir du Metropolitan Opera de New York.
Mais ce ne fut qu’un demi-succès :
il fallait des écouteurs pour entendre, et les signaux ne purent
franchir que la distance de quelques pâtés de maisons.
Cette tentative prouve cependant que les techniques employées
par Marconi évoluaient en ce qui concerne le type d’émission, et
qu’il tentait de les convertir graduellement, en se servant pour la
première fois, d’un émetteur à ondes continues (cw) qui
permettaient la modulation d’une onde porteuse. La voie venait d’être ouverte, en 1906, par Reginald
Fessenden, un savant et expérimentateur canadien, pionnier de la téléphonie.
Quoi qu’il en soit, les travaux
de Marconi aux États-Unis n’en furent
pas moins productifs, et couronnés de succès dans l’ensemble.
Mais il fallait que d’autres prennent la relève.
Il reçut le Prix Nobel de
Physique en 19191, et en 1929, il fut créé marquis par le gouvernement
italien.
Fessenden
C’est Fessenden qui a écrit la
partie la plus importante de l’histoire de la radio aux États-Unis.
Il a été le pionnier mystérieusement inconnu et injustement
traité. Peut-être parce
qu’il n’avait pas Dame Chance de son côté?
Ou tout simplement parce qu’il n’était pas Américain de
souche…
Reginald Aubrey Fessenden est né
à East-Bolton, province du Bas-Canada, en 1866, dans cette région
connue aujourd’hui sous le nom de Cantons de l’Est, près de Magog.
Ses idoles de jeunesse était Thomas Edison, l’inventeur du
phonographe et de l’ampoule électrique;
Alexander Graham Bell, l’inventeur du téléphone;
et Cyrus Field, celui qui entreprit la pose du câble sous-marin
transatlantique, à bord du Great Eastern.
Ce dernier événement suscita son admiration et devait hanter
son esprit toute sa vie, et le simuler dans ses recherches.
En 1884, à l’âge de dix-huit
ans, il est accepté au Bishop’s College de Lennoxville, près de
Sherbrooke, pour une maîtrise en mathématiques, avec entente qu’il
enseignerait en même temps aux plus jeunes le français et le grec.
Pendant ce temps, il publie, dans la prestigieuse revue américaine
Scientific American, un article sur une de ses inventions précoces.
Mais avant d’avoir décroché son diplôme, il part pour les
Bermudes, où un poste de professeur lui est offert.
Il l’accepte parce que ses parents sont trop pauvres pour lui
payer plus longtemps ses études. Il
veut gagner assez d’argent pour revenir à New York, où il espère
travailler avec le célèbre Edison qu’il admire tant.
En 1886, il s’embarque pour New York, où il agira comme
inspecteur de lignes électrique pour l’entreprise d’Edison.
Là, son génie inventif le sert
admirablement, puisqu’il découvre un moyen nouveau de contrôle de
lignes : le galvanomètre,
qui lui permet d’agir plus vite et plus efficacement.
Cette trouvaille le fait remarquer par Edison, qui le prend à
son service personnel. Deux
ans après, il se retrouve chimiste en chef de son laboratoire.
Plusieurs de ses inventions, en effet, sont du domaine chimique.
La mécanique, également, l’intéresse beaucoup, puisqu’il
invente un nouveau gyroscope et un nouveau genre de tracteur de ferme.
En 1893, l’entreprise d’Edison
ayant fait faillite, il se consacre de nouveau à l’enseignement aux
universités de Purdue et de Pittsburgh.
C’est là qu’il invente la première machine à photocopier.
Notons en passant, qu’en 1902, il a déjà plus de trois cents
inventions à son actif et qu’à la fin de sa vie il en aura près de
cinq cents.
Bientôt il quitte l’université
pour fonder sa propre entreprise de recherches en électricité, domaine
qu’il affectionne plus particulièrement.
Ce qui lui permet des relations d’affaires avec le célèbre
George Westinghouse, fondateur de la compagnie du même nom.
C’est en 1899 qu’il fait
ses premiers essais en TSF.
Il entend parler depuis quelque temps de Marconi, qui, en Europe,
a déjà atteint la renommée, et il suit de près ses travaux, avec la
secrète ambition des les surpasser.
C’est ainsi qu’il imagine un premier émetteur un peu spécial,
qui comporte un éclateur rotatif (rotary
spark-gap), basé sur celui de Hertz, mais mécanisé, de façon à
produire des oscillations plus constantes et plus continues que celui de
Marconi (qui ne produisait que des ondes amorties).
Il s’agissait d’une roue dentée,
un peu comme une roue d’engrenage, qui tournait entre deux électrodes. Chaque fois qu’une « dentelure » passait devant
les électrodes, il se produisait une étincelle et par conséquent des
oscillations à haute fréquence déjà plus constantes.
C’était un léger progrès.
Avec cet étrange appareil, Fessenden visait la téléphonie sans
fil, qui, nous le savons, était impossible avec le système
Hertz-Marconi. Mais en
fait, les résultats de ces premiers essais de téléphonie furent assez
décevants, puisqu’ils ne donnèrent que quelques sons plaintifs, dus
à la modulation d’ondes à fréquence trop basse et trop irrégulière,
par l’action des étincelles de la machine.
Il était évident que le système à éclateur, rotatif ou non, était toujours impropre à la
téléphonie sans fil, c’est-à-dire à la modulation d’une onde
porteuse. D’ailleurs, ces
pauvres essais ne purent franchir que la distance de quelques pieds,
l’espace du laboratoire.
Mais Fessenden ne se tient pas
pour battu, et reprend ses travaux avec plus d’ardeur que jamais.
En 1900, il trouve le moyen d’augmenter la vitesse d’envoi
des signaux de télégraphie sans fils, grâce à l’utilisation d’un
courant alternatif, au lieu du courant direct d’une batterie, et ce,
avec une fraction de la puissance requise.
Cette amélioration notable sur le système Marconi, remarquée
par les autorités du Weather Bureau de Washington, lui vaut une offre
d’emploi comme télégraphiste en chef à Cobb Island, sur le Potomac,
avec mission de télégraphier les données de météorologie à
Washington. Il s’empresse
de l’accepter, dans la perspective que ce travail lui laisserait plus
de loisirs pour travailler à son cher projet de téléphonie sans fil.
Il s’acquitte de sa tâche avec tellement de succès que le
Bureau installe quatre nouvelles stations, sur la côte est des États-Unis.
Mais c’est à Cobb Island
qu’il réalise plusieurs de ses inventions les plus notoires :
un compas-radio, un circuit hétérodyne pour augmenter la sélectivité,
le détecteur électrolytique, un appareil à micro-photo, etc. Bientôt, il fait construire et installer un générateur
à courant alternatif actionné à la vapeur, et destiné à l’émetteur
conventionnel de la station; mais
il s’arrange pour que ce générateur donne un courant à fréquence
la plus élevée possible, en terme de cycles par seconde.
« Il devrait être possible
de moduler avec cela », se disait-il.
Et c’est ainsi que le 23 décembre 1900, il charge son
assistant, M. Thiessen, d’aller écouter à l’autre station, situé
un mille plus loin. Alors
il branche un microphone sur la bobine de l’étage final de son émetteur,
et télégraphie à son ami :
« Préparez-vous, dans une minute, je vous pose une
question par téléphonie. »
Il presse donc le manipulateur à fond, et le laisse en circuit
pendant qu’il prononce les mots suivants :
« un, deux, trois. Est-ce
qu’il neige, là où vous êtes, M. Thiessen?
Répondez par télégraphie. »
La réponse pertinente à la question vint confirmer que le
message avait été reçu et compris, et par le fait même, prouver le
succès de cette première expérience vocale.
Il suffisait d’y penser. Le
courant alternatif à haute fréquence, plus le microphone, qui modulait
tant bien que mal l’onde porteuse continue produite par cet émetteur
à courant alternatif, et voilà, la téléphonie sans fil était née.
Fessenden écrit lui-même dans ses notes :
Cet
après-midi du 23 décembre 1900, ici à Cobb Island, la voix humaine a
été distinctement transmise par ondes électromagnétiques pour la
première fois dans l’histoire de l’humanité.
Par conséquent, ce que nous
appelons radio aujourd’hui, prenait forme ce jour-là.
Ce fut un accouchement laborieux :
l’interférence électromagnétique causée par
l’alternateur, le bruit de fond de la machine à vapeur qui était
capté par le microphone, et qui noyait littéralement le son de la
voix; et en outre, l’absence d’un étage de modulation.
Tout cela rendait assez pénible l’audition de ce premier
essai, mais c’était tout de même un bon point de départ.
Fessenden ne souffle mot à
personne de cette tentative, de peur de s’attirer des ennuis.
Mais il multiplie les inventions destinées à améliorer le
rendement de ses appareils. Il
se concentre surtout sur la réception.
Forcé d’utiliser le cohéreur de Branly-Lodge pour la télégraphie,
faute de mieux, il s’en plaint à juste titre :
Cet appareil est inefficace, car
il détecte à peu près tout le fouillis des signaux atmosphériques
sans discernement du signal émis.
Il cherche un moyen de dépasser
Marconi à la fois dans le domaine de la réception, par le nouveau détecteur
électrolytique, et dans le domaine de la transmission, par un émetteur
à ondes constantes qu’il serait possible de moduler, alors que les
ondes amorties utilisées par Marconi ne s’y prêtaient absolument
pas. « Il fait fausse
route », affirmait-il en parlant de son rival.
« Il me faut trouver le moyen parfait de moduler les ondes
par la voix humaine. Les
ondes amorties du système Marconi sont tout juste convenables pour la télégraphie,
et encore, à vitesse réduite », déclarait-il à nouveau.
L’année suivante, Marconi
prenait les devants, au point de vue distance, en faisant franchir à
son signal l’océan Atlantique, en décembre 1901, et ainsi « marquait
des points » ; mais Fessenden restait convaincu de la victoire finale, car
lui visait à faire la même traversée, mais avec la voix humaine.
C’était le système
Marconi contre le système Fessenden.
Obligé de quitté son emploi au
Weather Bureau des Etats-Unis, en 1902, il se retrouve à bout de
ressources. Il offre son
système au gouvernement d’Ottawa sans succès;
celui-ci vient de confier à Marconi le mandat d’installer une
station de TSF à Glace-Bay, Nouvelle Écosse, avec un généreux
octroi. Ce qui le déçoit
amèrement : lui, un
Canadien, se voir préférer un pur étranger!
Ce qui confirme que marconi avait pour lui la chance, les
influences britanniques, et les appuis financiers;
tandis que Fessenden se débattait tout seul.
Tournant alors le dos à son pays natal, ce dernier s’en
retourne à Pittsburgh, où il compte retrouver les nombreux amis de son
temps de professorat à l’université.
Ceux-ci le mettent en contact avec deux financiers de
l’endroit, et tous trois fondent alors une compagnie nommée « National
Electric Signalling Company »,
avec entente que toutes ses inventions seraient brevetées au nom
de la compagnie. Il
n’avait d’autres choix que d’accepter cette dure condition.
Quatre stations de TSF sont érigées
aussitôt : à
Chesapeake Bay, à New York, à Philadelphie et à Washington. Mais
pour la TSF seulement, les associés ne voulant rien entendre de la téléphonie.
Ils trouvaient un avantage à la télégraphie, en ce sens que
les messages inscrits sur la bande de papier constituaient par le fait même
un document écrit de première valeur. Par la suite, on entreprit la construction de deux nouvelles
stations géantes, l’une à Bran-Rock, Mass. Et l’autre en Écosse,
de l’autre côté de l’Atlantique, en vue d’un service de TSF
intercontinental.
Fessenden partageait son temps
entre ces sites d’opération et des réunions de la Commission de l’énergie
de l’Ontario, qui venait de requérir ses services comme ingénieur en
chef dans l’exploitation d’une génératrice aux chutes Niagara.
Incidemment, les tours de
l’antenne de Brant-Rock constituaient une véritable merveille de génie
pour l’époque, du seul fait de leur hauteur vertigineuse, 420 pieds,
et de leur allure tout à fait moderne.
Elles portaient chacune quatre antennes en forme de parapluie,
dernière invention de Fessenden.
Ces deux nouvelles stations étaient
assez puissantes pour assurer la liaison avec l’Europe dans les deux
sens, de façon régulière. Chaque
message devait avoir sa réponse sans délai.
Ce qui n’était pas toujours le cas avec le réseau de Marconi,
qui lui, n’était pas à l’épreuve des nombreux contretemps, et
n’assurait pas toujours la liaison dans les deux sens, même si la
distance qu’il devait couvrir entre Glace-Bay, Nouvelle Écosse, et le
sud de l’Angleterre était plus courte d’un tiers.
Mais les deux stations de la
National Electric Signalling, à l’instar de celles du réseau
Marconi, utilisaient toujours le type d’émetteur à étincelles (spark-gap),
et cela, Fessenden le savait, devenait périmé et devait changer tôt
ou tard; mais pour le
moment, il se résignait à l’employer, faute de mieux. C’est pourquoi, à la fin de 1905, il demandait à la
compagnie General Electric de lui construire un alternateur tout à fait
spécial, à très haute fréquence, de son invention, et selon ses
devis. « Si je
parviens à obtenir la haute fréquence nécessaire avec cet alternateur »,
disait-il, « l’éclateur à étincelles ira aux oubliettes, et
ce sera le succès pour la téléphonie sans fil. »
Hélas, l’appareil livré par la
compagnie fut loin d’être satisfaisant :
il devait tourner si vite pour produire le courant alternatif à
haute fréquence, que ses rouages se déréglaient rapidement par la
friction incroyable qu’ils devaient subir, et le tout tombait en
panne. L’inventeur dut le
démonter pièce par pièce et le remonter ensuite en le modifiant à sa
façon, en y ajoutant des roulements à billes, nouveaux à l’époque,
des arbres de couche plus précis, et tout ce qu’il fallait pour que
la vitesse de rotation du générateur, si élevée soit-elle, ne
constitue plus une cause de panne, ni un obstacle.
Effectivement, le premier essai de
transmission par téléphonie avec ce nouvel alternateur s’avéra un
succès : un message
parlé, destiné à un petit bateau de pêche, gréé d’un mât de 70
pieds de haut, fut capté sans difficulté par l’équipage, sur une
distance de seize kilomètres. Sa fréquence de 80 kilohertz était juste assez élevée
pour les besoins de la cause, et sa longueur d’onde se situait dans la
bande des Grandes Ondes (Long waves), soit environ 3,700 mètres.
Cette fréquence de 80,000 cycles par seconde était relativement
haute pour un alternateur, surtout de cette époque, mais relativement
basse pour une bonne propagation à grande distance.
Cependant le nouvel alternateur
tournait avec la quiétude d’une toupie et la précision d’une
montre. Tout était prêt
pour la meilleure saison de propagation, l’automne.
Fessenden en était conscient, grâce aux travaux du professeur
Kennely, de l’université de Harvard, sur la réfraction des ondes par
la couche ionisée qui entoure la Terre. Il savait également que ce phénomène était plus
sensible en saison d’équinoxe.
A la fin de l’été 1906, une
nouvelle station est construite à Plymouth, à onze milles de celle de
Brant-Rock. Entre ces deux
stations sont échangés de nombreux messages parlés, et une démonstration
publique de téléphonie sans fil a lieu à l’aide d’un phonographe,
dans le but de tester la sensibilité de ses deux appareils, et de démontrer
qu’il avait enfin réussi l’élimination de la majeure partie du
bruit de fond originant de l’émetteur.
« La réception est
tellement claire maintenant, qu’on peut entendre même les soupirs et
la respiration de celui qui parle », déclarait candidement
Fessenden, dans un article intitulé « Recent Progress in Wireless
Telephony », publié dans la revue Scientific American Magazine de
janvier 1907.
Entre-temps, il a considérablement
amélioré ses appareils récepteurs.
D’une part, il a mis de côté l’antique cohéreur de
Branly-Lodge, maintenant périmé, pour le remplacer par un nouveau type
de détecteur de son invention, le détecteur électrolytique.
Celui-ci se décrit comme suit :
un récipient de verre, contenant de l’acide nitrique, dans
lequel est immergée une électrode métallique reliée à la masse;
une aiguille de platine plongeant dans cet acide et constituant
l’autre électrode. Par la conductibilité de l’acide, le courant alternatif à
haute fréquence passe, mais plus facilement dans un sens que dans
l’autre. Il est, par conséquent,
redressé; et la
transmission, détectée et démodulée.
Ce dispositif a le grand avantage, sur le cohéreur, de pouvoir
aussi bien recevoir les signaux de téléphonie que ceux de télégraphie.
D’autre part, il ajoute à son récepteur
une sorte de circuit à hétérodyne, qui produit des oscillations
locales dont la fréquence vient battre contre celle de la station émettrice,
pour en former une troisième appelée fréquence intermédiaire.
Ce qui améliore considérablement la sélectivité de son récepteur
qui en manquait beaucoup. De
sorte qu’il peut sélectionner entre deux ou plusieurs signaux captés
en même temps par l’antenne et, simultanément, rejeter plusieurs
signaux atmosphériques indésirables.
Ce système complète celui que Sir Oliver Lodge avait inventé
en 1897, et qui n’était formé que d’un simple circuit résonnant
condensateur-induction (LC). Le
circuit à hétérodyne de Fessenden marquait un progrès énorme en réception.
Une autre de ses inventions
consiste en un système qui permet de brancher le téléphone de
Monsieur Bell sur son émetteur et récepteur, à l’aide de relais
(phone-patch). Démonstration
en est faite en 1906, devant les ingénieurs de la Bell Telephone
Company qui n’en croient pas …leurs oreilles.
C’est le début de ce que nous appelons aujourd’hui les
lignes ouvertes. A cette même
occasion, une démonstration est faite du premier téléscripteur,
inventé par Fessenden.
Toujours en 1906, un événement
fortuit vient combler de joie notre inventeur :
à la mi-novembre, il reçoit de l’opérateur en chef de la
station d’Écosse de sa compagnie – la National Signalling – une
lettre recommandée, dans laquelle celui-ci déclare avec emphase avoir
capté miraculeusement un message parlé destiné à la station de
Plymouth, à onze milles de Brant-Rock, et répète mot pour mot le
texte du message où il est
question de dynamos. Il précise
avoir reconnu la voix de l’opérateur Stein, tellement la réception
était claire, puissante et nette.
« Incroyable! », se répète Fessenden, au comble de l’excitation.
« Personne ne le croira! »
La voix humaine avait accidentellement traversé l’océan
Atlantique sur une distance de 5,000 kilomètres, alors qu’elle n’était
destinée à couvrir que la distance de quinze kilomètres.
La lettre précisait même l’heure exacte de l’émission :
aucun doute n’était possible.
Sa joie, cependant, restait mitigée d’appréhension :
il fallait prouver au monde entier la possibilité de transmettre
sur de très longues distances des émissions de la voix humaine, et même
de la musique. Désormais,
c’est le but de sa vie. Il
a confiance en son alternateur à haute fréquence pour y arriver, et
aucun repos n’est possible pour lui avant que le tout ne se concrétise.
L’occasion la plus propice pour
faire cette démonstration à l’échelle mondiale, lui parut être la
saison des fêtes qui approchait. Ne
pouvant la faire avec la station d’Écosse, inopérante par suite
d’un bris d’antenne, il lui restait comme cible, les navires
marchands de la United Fruit qui faisaient route sur la mer des
Antilles. Il prépara donc
un petit programme musical, au cours duquel lui-même jouerait du
violon, et son assistant Klein chanterait :
un autre lirait des passages de la Bible.
Ainsi fut fait. Et
la veille de Noël 1906, eut lieu, à neuf heures du soir, la première
véritable émission de radio, musicale et vocale, de l’histoire du
monde. A quelque mille kilomètres de Brant-Rock, des navires
marchands, non seulement de la mer des Antilles à qui elle était
destinée, mais aussi d’autres, voguant sur l’Atlantique nord,
purent capter l’émission historique de Fessenden, les chants,
le violon, et le passage de la Bible :
« Paix sur la Terre aux hommes de bonne volonté ».
Les rapports subséquents le prouvèrent.
Le succès dépassait donc tous les espoirs.
On peut cependant présumer, qu’étant
donné la fréquence très basse du signal, et sa longueur d’onde extrême,
ce sont les harmoniques, plutôt que la fondamentale, qui étaient reçues,
et peut-être plus facilement. Quoi
qu’il en soit, le programme musical avait duré assez longtemps pour
que plusieurs auditeurs aient le temps de se passer de l’un à
l’autre les écouteurs, du type Bell, seul moyen de reproduction à
l’époque. Malgré la précarité
des installations, une page d’histoire venait de s’écrire.
Seule l’invention de la lampe à
trois électrodes (l’audion), due à Lee De Forest, et qui marquait le
début de l’ère de l’électronique, allait apporter une amélioration
technique appréciable au système de Fessenden.
En fait, cette nouvelle invention date de 1906, soit la même année
que fut réalisée cette première émission de téléphonie sans fil en
bonne et due forme. Mais
l’inventeur ne l’a pas utilisée, d’abord parce qu’elle n’était
pas encore au point – elle n’était qu’au stade théorique et expérimental
– et ensuite parce qu’il aurait fallu changer complètement tous les
circuits de A à Z et repartir à zéro pour pouvoir l’utiliser :
ce qui n’était pas une mince affaire!
Et comme rien à l’époque ne prouvait que la lampe
« audion » aurait pu améliorer quoi que ce soit, Fessenden
n’y a trouvé aucun intérêt.
Pendant les années qui suivirent
1906, il continua ses travaux sans relâche;
il porta son attention, notamment, sur des systèmes d’antenne
plus scientifiques. Il établit,
à cet effet, les lois qui régissent le fonctionnement de celles-ci, et
les rapports qui existent entre leur dimension linéaire et la longueur
d’onde utilisée.
En 1912, année du naufrage du
Titanic, dû à une collision avec un iceberg, il inventa un dispositif,
ancêtre du radar, qui avertissait de la présence de tels dangers.
Il s’agissait d’un faisceau d’ondes électromagnétiques émis
en direction de l’obstacle éventuel, qui rebondissait sur celui-ci,
et qui revenait à son point de départ comme un écho.
Avec un tel appareil, la tragédie du Titanic n’aurait peut-être
pas eu lieu. De même, il
inventa peu après le fathomètre, un appareil de sondage électronique
de profondeur pour les navires en mer, sur lequel est basé
aujourd’hui le sonar. Plusieurs
autres inventions survinrent au cours des années subséquentes, dont
plusieurs furent utilisées comme armes défensives au cours de la Première
Guerre mondiale; par exemple, des appareils de détection de batteries
d’artillerie et de sous-marins ennemis.
Ce n’est que vers la fin de sa vie qu’il plut en retirer
quelques bénéfices financiers.
Si nous avons mentionné, au
passage, quelques inventions qui ne sont pas du domaine de la radio,
c’est qu’elles démontrent, avec tant d’autres, ce génie inventif
prolifique et inépuisable, qui était inné, naturel et spontané chez
notre compatriote.
Par ailleurs, il est incontestable
que Fessenden a eu raison sur son rival Marconi.
Il ne pouvait être question de continuer dans la voie où s’était
engagé l’Italien : les
ondes amorties produites par des étincelles ne menaient à rien de bon.
Sans Fessenden, la radio ne serait jamais ce qu’elle est
aujourd’hui. Le journal
New York Herald Tribune en 1932, année de sa mort, lui rendit cet
ultime hommage :
C’est lui qui, envers et contre
tous, a eu raison en prouvant que la transmission des ondes constantes
était essentielle à ce que nous appelons aujourd’hui radio.
L’erreur de Marconi a retard de dix ans la progression de cette
invention merveilleuse (juillet 1932)
Certains journaux de Toronto
firent écho à ce témoignage.
Avec le recul des ans, on peut
maintenant affirmer avec vraisemblance que si Marconi n’avait pas
existé, Fessenden en serait probablement arrivé aux mêmes découvertes,
puisque, dès 1899, indépendamment des travaux de Marconi, il faisait déjà
des essais en radio-téléphonie. L’inverse
est beaucoup moins sûr; sans
l’intervention de Fessenden, Marconi serait resté longtemps au stade
de la simple télégraphie, jusqu’à ce que quelqu’un trouve le
moyen de transmettre la voix. En effet, en 1906, il ne soupçonnait même pas la possibilité
de faire la modulation d’une onde porteuse par la voix humaine, au
moment même où Fessenden le faisait, lui, avec succès, et à une
distance appréciable. D’autant
plus que la téléphonie à puissance égale, peut couvrir moins de
distance que la télégraphie. Ceci
est vrai encore de nos jours.
En guise de conclusion, le
Canadien Reginald Aubrey Fessenden fut l’une des figures les plus
marquantes de l’histoire technique et scientifique de la radio, dans
le monde. Le peu de célébrité
qu’il a eue ne rend pas justice à ses talents et à ses mérites
comme père de la téléphonie sans fil.
Pickard
Si tant de gens, dans les années
20, purent si facilement s’initier aux mystères et aux joies de la
radio, alors naissante, c’est grâce à Georges W. Pickard, ingénieur
américain, et inventeur du détecteur à galène.
Son invention remonte à 1903, mais ce n’est qu’en 1906
qu’il la perfectionne au point de la rendre utilisable et pratique.
C’est encore un exemple où la
chimie est venue au secours de la physique :
ce détecteur était un dispositif composé d’une parcelle de
sulfure de plomb naturel cristallisé (galéna), enchâssé dans une
base de plomb, de façon à former une espèce de pastille.
Celle-ci était reliée à la masse.
Une aiguille métallique, ou un simple fil (en anglais
cat-wiskers) enroulé autour d’un support, devait entrer légèrement en
contact avec la surface de ce crystal de galène. Cependant, il fallait
à l’opérateur suffisamment de doigté – et de patience – pour y
trouver, avec le fil, un endroit assez sensible pour permettre au
courant de passer.
En effet, à cet endroit précis
et propice, la galène laissait passer le courant alternatif du signal
reçu plus facilement dans un sens que l’autre, et, par conséquent,
le redressait. Ce courant, avant de passer par le détecteur, alternait à
une certaine fréquence dont l’amplitude était variée par la
modulation; après le détecteur, il devenait redressé et «démodulé»,
en ce sens que seule l’enveloppe des variations d’amplitude dues à
la modulation était acheminée vers un écouteur téléphonique à
haute impédance, intercalé dans le circuit.
Cette enveloppe des variations d’amplitude était donc une fréquence
assez basse pour être audible, d’où le terme «audio-fréquence»,
par opposition à radio-fréquence ou HF, celle du signal transmis.
Le détecteur à crystal de galène
jouait le même rôle que la lampe détectrice de nos circuits superhétérodynes
à cinq lampes d’autrefois, si populaires il y a quelques années,
avant l’avènement spectaculaire du transistor.
Tel que décrit, ce détecteur était un récepteur en lui-même.
Il fonctionnait assez bien, s’il n’y avait qu’une seule
station puissante dans le voisinage.
Mais pour le compléter, et lui ajouter un peu de sélectivité, il fallait lui adjoindre un circuit résonnant
bobine-condensateur variable qui résonnait à une seule fréquence et
la laissait passer vers le détecteur, tout en dirigeant les autres non
désirées vers la prise de terre.
Voilà donc le poste à galène
des premières années de la radiophonie.
Ceux qui, comme moi, dans leur jeunesse ont joué avec ces petits
«radios-crystal» tel qu’on les appelait, devront se souvenir de
George W. Pickard, l’inventeur, en vérité un grand nom de la radio.
De
Forest
Lee De Forest, célèbre ingénieur
américain, est né en 1873, à Council Bluff, Iowa.
En 1899, il recevait le diplôme de docteur en sciences ; la Western Electric Company de Chicago l’engageait aussitôt
pour diriger son laboratoire de recherches en radio-électricité.
De Forest a été, après
Fessenden, le pionnier le plus important et le plus notoire de
l’histoire de la radio sur le continent nord-américain, surtout grâce
à son invention de la lampe à trois électrodes dite «audion», en
1906. Deux ans auparavant,
John Ambrose Fleming avait fait breveter en Angleterre l’invention de
la première lampe radio, une diode, appelée valve de Fleming basée
sur un principe découvert par Edison.
Elle ne pouvait servir qu’à la détection, c’est-à-dire en
réception seulement. De
Forest y a donc ajouté une troisième électrode, la grille (control-grid),
qui permet de contrôler le flot d’électrons qui passent de la
cathode à l’anode. Cette lampe allait éventuellement servir à plusieurs autres
applications, notamment comme amplificatrice, et en transmission, comme
oscillatrice
Ce qui, on l’imagine facilement,
venait révolutionner tous les systèmes et circuits existants.
La TSF passait de l’enfance à l’adolescence.
Une seule lampe triode employée comme oscillatrice pouvait
remplacer avantageusement l’alternateur à haute fréquence de
Fessenden, un engin encombrant en vérité, qui devait être actionné
par une machine à vapeur, et occupait un espace considérable, ce qui
le rendait peu pratique, par comparaison.
Tous les problème n’était pas
résolus du fait de cette invention, loin de là;
mais la radio était sur la bonne voie.
La triode de, De Forest, utilisée comme amplificatrice, allait
rendre de nombreux services tant à l’émission, pour amplifier la
modulation au niveau du microphone, qu’à la réception, pour
l’amplification des fréquences audibles résultant de la démodulation.
Un grand pas venait d’être
franchi, même si d’autres difficultés surgirent.
Il y avait une marge considérable entre la théorie de cette
invention et son application pratique.
C’est pourquoi elle resta méconnue pendant plusieurs années.
Et son auteur n’en retira aucun profit matériel.
Il fut même emprisonné pour dettes.
N’empêche que Lee De Forest a rendu un service inestimable à
l’industrie naissante de la téléphonie sans fil.
Il mourut en 1961, à Hollywood,
après avoir connu de son
vivant les résultats heureux de son invention.
En 1910, donc quelques années après
l’invention proprement dite, la compagnie Westinghouse Electric Co.
s’intéressait à la triode et la prenait à son compte pour la
perfectionner et l’appliquer aux nouveaux circuits de TSF qui allaient
être construits par la suite.
Conrad
et la Cie Westinghouse
Vice-président de la prestigieuse
Westinghouse, H.P. Davis fondait à Pittsburgh, à l’automne de 1920,
la première station de radio aux États-Unis : la station KDKA.
Si cette entreprise, la
Westinghouse Electric, a été une pionnière de l’histoire de la
radio aux États-Unis, et dans le monde entier, c’est dû au fait
qu’elle a été la première à expérimenter et à développer
l’invention de Lee De Forest, la lampe à trois électrodes (triode
vacuum tube), au cours de la guerre de 1914, alors qu’elle détenait
un contrat de fourniture d’équipement radio aux gouvernements américain
et britannique.
Mais, fait assez curieux, la
naissance de la station KDKA a été la conséquence directe des travaux
expérimentaux d’un radio-amateur sur la téléphonie, en 1916.
Frank Conrad, ingénieur en chef de la compagnie Westinghouse et
titulaire de la station radio-amateur «8XK» faisait tourner des
disques sur son phonographe Victrola devant son microphone.
A l’époque, c’était une merveille d’entendre de la
musique, si pauvre soit-elle, sur les ondes, où d’ordinaire, on
n’entendait guère que de la télégraphe.
Il eut tant de succès, que H.P. Davis lui confia le mandat de
construire un émetteur identique au sien, pour le mandat de construire
un émetteur identique au sien, pour le compte de la compagnie, afin de
mousser sa publicité. C’était
en août 1916; cette
nouvelle station restait tout de même une station radio-amateur et
obtenait l’indicatif «8Xs».
Malheureusement, l’entrée en
guerre des États-Unis en avril 1917 vint mettre un terme aux activités
de la station, en même temps qu’à celles de tous les radio-amateurs
du pays. Cependant, en de
rares occasions, l’émetteur se fit entendre pendant la guerre, pour
tester l’équipement de radio militaire fourni à l’armée par
Westinghouse.
Cette station était ultra-moderne
pour l’époque, car elle utilisait pour la première fois des lampes
électroniques triodes comme oscillatrices et amplificatrices à l’émission,
de même que des diodes comme détectrices à la réception.
Ce qui représentait un pas de géant, comparativement aux émetteurs
à étincelles du type spak-gap ainsi qu’aux alternateurs à haute fréquence
et aux récepteurs à galène des années précédentes.
Soit dit en passant, ces émetteurs
et ces récepteurs n’en furent pas détrônés définitivement pour
autant : ils restèrent en usage plusieurs années ensuite, surtout
chez les radio-amateurs, à cause du prix élevé des installations à
lampes.
En mai 1919, Westinghouse opérait
la première station installée à bord d’un avion militaire américain,
un NC4. Grâce à des
relais situés aux Açores, les émissions pouvaient atteindre
l’Angleterre.
L’interdiction frappant les
stations de radio-amateurs pendant la guerre fut levée en octobre 1919;
la station «8XS», maintenant propriété de la Westinghouse, redevint
active, mais toujours comme station d’amateur;
avec cette différence cependant, qu’au cours des années 1919
et 1920, elle émettait de la musique à partir d’un vieux phono près
duquel était installé le microphone, avec Frank Conrad comme opérateur.
La première pièce musicale à être entendue sur les ondes de
«8XS» en 1919, fut la chanson folklorique Old Black Joe.
Les rapports d’écoute
enthousiastes affluaient de partout, de même que des «demandes spéciales»
pour telle ou telle pièce de musique.
Devant un tel succès, H.P.Davis, vice-président de la
compagnie, décida de convertir et de reconstruire la station amateur «8XS»
pour en faire une station commerciale officielle, la première aux États-Unis,
le 27 octobre 1920, sous l’indicatif KDKA.
Une de ses premières émissions régulières portait sur les résultats
de l’élection du président Harding, qui eut lieu vers ce moment-là.
Sa longueur d’onde était de 360 mètres, sa fréquence, 833
kilohertz.
L’année suivante, on expérimenta
avec une antenne transportée par…un ballon dirigeable!
Et le premier studio fut installé dans une tente en toile sur le
toit d’un édifice de Pittsburgh…
Il n’était pas rare d’y entendre différents bruits
insolites comme le sifflement d’un train, ou le bourdonnement d’un
insecte. Dès 1924, la
station KDKA inaugura son service sur ondes courtes imitant en cela les
radio-amateurs du temps, qui réussissaient des liaisons
outre-atlantique avec la puissance relativement modeste de leur émetteur
type spark-gap. Précisons
que ce qu’on appelait ondes courtes, à ce moment-là se situait
autour de 200 mètre pour atteindre environ deux mégahertz maximum en
fréquence.
Au cours de l’année 1921, la
compagnie Westinghouse, pour s’assurer que les émissions de KDKA
auraient de nombreux auditeurs, se lança dans la fabrication de récepteurs
à prix populaires. Un de ceux-là se vendait 25.00$ ; c’était un récepteur à galène;
il avait une portée d’une vingtaine de kilomètres, et resta
populaire pendant la décennie 1920-30.
Après 1930, il n’eut d’autre utilité que celle de jouet
pour enfant. Un autre modèle
plus élaboré et beaucoup plus efficace était celui à circuit régénératif,
inventé par Armstrong et fonctionnant avec une ou des lampes triodes
alimentées par piles. Ces
lampes triodes se prêtaient admirablement bien à cet usage où elles
jouaient le rôle d’oscillatrices et d’amplificatrices.
Un troisième modèle, plus
luxueux mais également régénératrif, utilisait les nouvelles lampes
dites thermioniques inventées en 1923, et dont la cathode ou filament,
était chauffé indirectement, et par le courant alternatif domestique,
éliminant de ce fait la nécessité de piles.
Et finalement, pour les riches in appareil encore plus élaboré
était muni d’un circuit appelé «TRF» (Tuned Radio Frequency) où
le nombre de lampes triodes était en proportion du prix.
La sensibilité de ces récepteurs était bonne, mais hélas, la
sélectivité y faisait totalement défaut.
Armstrong
Edwin Howard Armstrong est
l’auteur de nombreux perfectionnements apportés à la technique de la
radio, entre les années 1920 et 1940.
Ses recherches et ses inventions sont d’une importance telle
que sans elles la radio serait encore au stade des tâtonnements.
En 1920, il inventait le circuit
superhétérodyne, qui assurait aux appareils récepteurs la possibilité
de sélectionner, avec plus de précision et d’efficacité que jamais,
un seul parmi la multitude des signaux captés par l’antenne.
Ce circuit indispensable consiste
ne un oscillateur local logé dans l’appareil, lequel produit une fréquence
assez proche de celle du signal reçu pour battre contre elle.
Ce battement amène une troisième fréquence, dite hétérodyne,
ou fréquence intermédiaire, qui sera par la suite amplifiée et détectée.
Un
peu plus tard, il créait le circuit régénératif.
Ce circuit se caractérisait par sa grande sensibilité et était
avantageux lorsque la sélectivité n’était pas indispensable.
Il équipait surtout les appareils à bon march. Il avait comme inconvénient d’entrer en oscillation à
certains moments, souvent mal choisis, ceci dû à un mauvais réglage;
il devenait alors, en quelque sorte, un émetteur, dont les
signaux pouvaient être captés aux alentours.
Néanmoins, cet appareil rendit de grands services à beaucoup de
gens, en particulier aux jeunes amateurs d’autrefois.
Par la suite, Armstrong l’améliora en créant le circuit
super-régénératif
Il a à son actif de nombreuses
autres inventions, dont un oscillateur utilisé en émission
(oscillateur de Armstrong). Il
développa la modulation de fréquence, l’amplification à haute fidélité,
et la stéréophonie
C’est une figure dominante dans
le monde scientifique, et il a sa place parmi les Grands de
la radio,
aux États-Unis
et dans
le monde, aux
côtés des
Marconi, Fessenden, et De
Fores
D’autres
pionniers valeureux
Il convient de signaler, dans ce
palmarès, des noms de personnages importants qui ont fait leur marque
dans l’histoire de la radio américaine :
ceux de Berliner et de Sarnoff, en particulier
Berliner
Emile Berliner perfectionna le
phonographe d’Edison en remplaçant le cylindre de cire sur lequel étaient
imprimés les sons, par un disque, et en camouflant le cornet
amplificateur à l’intérieur d’un coffret ou d’un cabinet d’ébénisterie.
Conséquemment, on a donné son nom à une marque de commerce de
fabricants de ces appareils. Mais
son apport en technique radio a été principalement l’invention de
son microphone, qui a été longtemps en usage, et a favorisé
grandement les premières émission de radio-téléphonie
Sarnoff
David Sarnoff, ingénieur américain
de grande renommée, fut pendant sa jeunesse un des plus fameux parmi
les «sans-filistes» amateurs. Son
nom fut mis en évidence dès 1912, lorsqu’il réussit fortuitement à
capter le signal «CQD» du Titanic en détresse, pendant la
nuit du 15 avril.
Qu’il ait pu capter ce faible
signal reste une performance, même selon les critères actuels : généré par un émetteur de puissance modeste, à une fréquence
très basse, et après avoir franchi une très grande distance, entre la
position 41 degrés nord – 50 degrés ouest, et la ville de New York,
ce signal ne devait sans doute pas être très fort.
Sarnoff resta donc soixante-douze heures d’affilée au
stand-by, car, longtemps après le naufrage, il garda le contact avec le
navire sauveteur Carpathia, assurant ainsi la liaison entre celui-ci et
la ville de New York. C’est
d’ailleurs lui qui transmit la nouvelle aux journaux américains.
Devenue par la suite grand ami de
Marconi, il fut toujours à l’avant-garde du progrès de la radio
comme industrie de communication. Président
de la prestigieuse Radio Corporation of America (La voix de son Maître),
il fonda en 1926 la National Broadcasting Company (NBC), l’un des
trois grands réseaux des États-Unis.
On ne saurait passer sous silence
des noms comme ceux de Colpits, Hartley, Arnold, Hammond et tous ces ingénieurs
et techniciens anonymes qui ont uni leurs efforts pour apporter aux
appareils d’autrefois les raffinements qui caractérisent ceux
d’aujourd’hui. Grâce à eux, l’audition est maintenant un plaisir et un
confort, alors qu’auparavant, c’était un vrai travail.
Parmi leurs réalisations, mentionnons : des oscillateurs d’un type nouveau, la lampe pentode, qui a
remplacé la triode avec tous ses inconvénients, tels que ses
oscillations intempestives; en
outre, les circuits anti-parasites, les dispositifs anti-évanouissement
(anti-fading, ou avc), la syntonisation facilitée, l’amélioration de
l’amplification et le perfectionnement des haut-parleurs.
Soit dit en passant, de 1928 à
1925, ceux-ci n’étaient guère que de simples écouteurs à haute impédance
du genre téléphone, auxquels on avait ajusté un pavillon en forme de
cornet qui leur donnait l’allure d’un cor de chasse en forme de
point d’interrogation. Cet instrument bizarre trônait sur le cabinet de
l’appareil radio en compagnie d’une antenne rotative composée de
fils enroulé autour d’un cadre en bois.
L’efficacité de ces haut-parleurs était inversement
proportionnelle à leur volume et leur encombrement.
Ceux qui ont connu ce genre d’appareil vous diront comme moi,
qu’ils ne «parlaient» pas très haut, leur appellation de «haut-parleur»
n’étant guère justifiée. Et
les harmoniques y étaient rares… encore heureux d’entendre la
fondamentale! On a vue par
la suite, des haut-parleurs à cône fixe, rigide et convexe, entre 1925
et 1930; ensuite, ceux à cône mobile et à électro-aimant, qui
constituaient déjà une amélioration considérable; et finalement, les
cônes mobiles, à aimants permanents
Ces nombreux développements ont
été réalisés aux États-Unis, en
majorité, par ces valeureux pionniers restés anonymes pour la plupart. Cette mention leur rend un peu justice.
Certes, l’histoire de la radio a
été écrite par des savants et inventeurs de plusieurs pays;
mais certaines entreprises manufacturières ont fourni également
des techniciens dont l’apport a été extrêmement valable; ce qui
fait que ces compagnies ont été dans les années 20 des pionnières
dans le même sens que les individus.
Outre Westinghouse et RCA, qu’on
pense à des noms comme ceux de Stromberg-Carlson, Stewart-Warner,
Rogers (Majestic), Philco (Phillips Co.) et Crosley (De Forest-Crosley),
aux Etats-Unis; à Telefunken, en Allemagne, et à Ducretet-Thompson en
France.
Ce sont de grands noms, en vérité,
et de grandes marques, dont quelques-unes subsistent encore
aujourd’hui.
En Russie
Popov
Nous parlons ici de Russie et non
d’URSS, puisque Alexandre Stepanovitch Popov est né, a vécu, et
s’est rendu célèbre sous le régime tsariste.
Il a vu le jour à Torinski, en 1859.
Devenue ingénieur, il s’est vite intéressé aux travaux de
Hertz qu’il admirait beaucoup. On
ne sait réellement que peu de choses sur lui.
Les écrits qui le concernent sont d’une extrême rareté.
George Shiers, dans son relevé de tous les ouvrages qui ont été
rédigés dans le monde entier sur l’histoire de la TSF, ne mentionne
qu’un simple article de magazine où il est question de lui, alors que
les savants, inventeurs, auteurs et techniciens de tous les autre pays y
figurent en nombre très élevé, et forment une liste impressionnante
La prétention des Russes à
l’effet que Popov serait l’inventeur de la TSF, n’est pas tout à
fait dénuée de fondement, mais semble nettement exagérée, et reste
à prouver. Cependant les
renseignements qui nous sont parvenus sont suffisants pour nous démontrer
que ce savant compte à son actif des découvertes d’une grande
importance. Il semble bien,
en effet, que ce soit lui qui, le premier, ait utilisé un fil aérien
pour capter plus facilement les signaux transmis, et ainsi améliorer la
sensibilité et l’efficacité du cohéreur de Branly.
Ce qui le consacrerait comme l’inventeur en titre de ce que
nous appelons aujourd’hui l’antenne, terme qui n’existait pas à
l’époque.
Ce qui est plus certain,
cependant, c’est que son admiration pour l’allemand Hertz l’a
poussé à reproduire les expériences de celui-ci sur les ondes électromagnétiques,
et à reconstruire son oscillateur, dès 1899, soit deux ans seulement
après lui.
On lui attribue également le mérite
d’avoir amélioré à sa façon le cohéreur de Branly, et de
l’avoir utilisé dans la fabrication d’un premier récepteur.
Cette amélioration consistait en l’addition de bobines du
genre «choke» dans le but d’annuler l’effet des étincelles du
circuit décohérant.
A l’aide de ces deux appareils,
émetteur et récepteur, il réussit une première expérience en 1896,
au cours de laquelle il transmit, en code Morse, les deux mots «Heinrich
Hertz», en hommage à son idole. Cette
émission fut aisément captée à 250 mètre de là.
Ceci se passait à peu près à la même époque que les premières
expériences de Marconi : on
comprend maintenant pourquoi les Russes et plus tard les Soviétiques se
crurent justifiés de revendiquer pour Popov le mérite de l’invention
de la TSF. Mais les sérieuses
réserves que nous avons faites sur le compte de Marconi s’appliquent
également à Alexandre Popov : pas plus que l’Italien, il n’a réellement inventé la
TSF. Ni plus ni moins,
devrions-nous ajouter. Il
doit son émetteur à Hertz et son récepteur à Branly, en grande
partie, et bien peu de choses le différencient de Marconi sur ce
chapitre.
A l’avantage de Popov cependant,
on peut affirmer, selon
Encycopaedia Britannica, qu’il ait été le premier à utiliser une
antenne aérienne réceptrice, chose à laquelle n’avait pas pensé
Marconi de prime abord, (l’idée ne lui est venue qu’en Angleterre,
soit un an ou deux après ses premiers essais).
Toujours à l’avantage du Russe, il semble évident qu’il ait
été isolé dans ses recherches et ses travaux, et qu’il n’ait eu
à partager le crédit de ses découvertes avec personne d’autre;
tandis que Marconi a
profité en plusieurs
occasions de suggestions nombreuses de la part de plusieurs savants,
tels Lodge, Fleming et Hugues. C’est
pour cette raison, d’ailleurs, que le système de communication de
l’Italien s’est développé si rapidement et a connu une ampleur
telle que celui de Popov n’a guère eu de chance de franchir les
frontières de l’URSS. Mais
pour les Soviétiques, il est le père incontesté de la TSF. Dès 1895, il présentait devant une réunion
de savants un rapport détaillé sur la construction de postes émetteurs
et récepteurs. Son laboratoire était installé à Novgorod.
C’est là qu’il poursuivit ses expériences et qu’il réussit,
entre autres découvertes, à utiliser le cohéreur de Branly à des
fins de détection des orages électriques, et à inventer un appareil
en ce sens.
Un premier sauvetage en mer est
venu consacrer, dès le début du siècle, la vocation sécuritaire de
la TSF russe : les
passagers d’un navire en perdition dans le golfe de Finlande furent
rescapés en grand nombre par son action rapide.
Ce qui amena plus tard le gouvernement révolutionnaire à
exercer un contrôle serré sur ce système de communication, dont Lénine
entrevoyait, dès 1917, les grandes possibilités de propagande.
Une première stations officielle,
Radio-Komintern d’une puissance de douze kilowatts, fut fondée en
URSS, en 1921. Soit dit en
passant, les Moscovites ont été les premiers à jouir d’un système
de câblo-diffusion dès 1924 :
mais pas tout à fait dans le sens qu’on l’entend ici
aujourd’hui! A
cette époque, le fait pour un citoyen de Moscou de posséder un
appareil de radio autonome et complet était quasi impossible, ou du
moins très mal vu. Il
devait se contenter de n’avoir, en sa maison, qu’un simple
haut-parleur, muni d’un interrupteur, qui lui donnait le choix d’écouter…ou
de ne pas écouter Radio-Komintern…!
Ceci, on le comprend bien, dans le but de lui éviter la
tentation d’écouter les radios étrangères, comme la Tour Eiffel, en
France, ou la jeune BBC, d’Angleterre.
En 1924, la radio «par câble» comptait
déjà 22,000 adeptes.
Alexandre Popov est mort à
St-Petersbourg en 1906, après avoir bien servi la cause de la science
dans son pays, et avoir doté ce même pays d’un système de
communication sans fils comparable à celui de Marconi.
Dire qu’il en est l’inventeur serait aussi exagéré que dans
le cas de son rival italien :
mais le fait qu’il en ait été l’unique promoteur en son
pays lui confère un rang spécial parmi les grands noms de l’histoire
de la radio.
Au Danemark
Poulsen
Valdemar Poursen, ingénieur
danois, est né à Copenhague, en 1869.
La contribution de savants danois à l’invention de la TSF a débuté
en 1820 avec Christian Oersted, qui en a jeté les bases, et s’est
poursuivie avec Poursen.
Presque inconnu dans les milieux
scientifiques de l’Europe occidentale et des Etats-Unis, il a tout de
même été très actif dans différents domaines connexes à la radio,
notamment l’enregistrement sur fil, qui a précédé
l’enregistrement sur bande magnétique. Il
a aussi perfectionné le cinéma parlant, en 1928, en y apportant
l’enregistrement direct sur la pellicule, au moyen de la trame sonore.
Mais Poulsen s’est surtout intéressé
à la TSF, à l’époque héroïque où Marconi utilisait un émetteur
à éclateur d’étincelles produisant des ondes amorties (damped waves).
On sait déjà que l’Italien s’était obstiné à travailler
avec ce genre d’appareillage jusqu’en 1910, alors qu’il tenta,
avec un succès partiel, de faire de la téléphonie en utilisant les
ondes constantes pour la première fois.
Poulsen prit une autre direction,
se rendant compte que les ondes amorties du signor Marconi n’avaient
pas d’avenir. Il inventa
donc un circuit, dérivé de «l’arc chantant», s’inspirant des mêmes
principes de base que Hertz et Marconi, eux-mêmes suivant les théories
du compatriote danois Oersted.
Son appareil était composé
d’un tube de verre d’où l’air avait été retiré, et remplacé
par de l’hydrogène ou du gaz d’éclairage.
Ce tube contenait deux électrodes, l’une de charbon, et
l’autre de cuivre; ce qui
en faisait l’ancêtre lointain de nos lampes électroniques
d’aujourd’hui. Le
circuit était complété par une bobine et un condensateur variable,
montés en série. Lorsqu’un
arc à courant continu éclatait entre les deux électrodes, un courant
alternatif à haute fréquence parcourait le système, par l’action
combinée du condensateur et de la bobine.
Poulsen a ainsi obtenu des oscillations parfaitement régulières
et constantes, à des fréquences très élevées, de l’ordre de dix mégahertz.
Ce qui permettait la modulation d’une porteuse de façon adéquate,
expérimentalement du moins.
En résumé, et comme on l’a vu
précédemment, il y avait donc trois moyens de produire des ondes
constantes : le
circuit à arc chantant (Poulsen), l’alternateur à haute fréquence (Fessenden)
et la lampe électronique (DeForest).
C’est cette dernière qui a rallié tous les suffrages et qui a
eu les préférences de tous les expérimentateurs, étant de loin le
moyen de plus pratique et surtout le plus efficace.
Le circuit à arc chantant n’a pas survécu, à cause de ses
difficultés d’adaptation, d’un certain danger de manipulation, et
aussi à cause du bruit ou sifflement qu’il faisait entendre :
d’où son nom d’arc chantant.
(Sa tonalité pouvait être plus ou moins aiguë, selon les
ajustements du condensateur variable.)
L’alternateur de Fessenden
n’eut guère plus de chance, mais il demeura tout de même en fonction
de 1906 à 1916, jusqu’à l’avènement de la lampe électronique à
vacuum; il fut détrôné
surtout à cause de l’encombrement qu’il représentait :
il remplissait à lui seul toute une pièce de bonnes dimensions.
Poulsen, malgré tout, a fait
avancer la science par ses travaux dans des domaines aussi variés que
le cinéma parlant, l’enregistrement, et la radio-téléphonie.
Son invention du circuit à arc chantant a servi, à tout le
moins, de palier permettant d’accéder à l’ère électronique.
Il poursuivit ses travaux à New
York, où il mourut en 1942.
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