RÈGLEMENTS DE VIE
POUR UN CURÉ DE CAMPAGNE

 

 
 

Envoyé au curé de Saint-Charles par Mgr Joseph-octave Plessis, évêque de Québec de 1806 à 1825 (ACSCSA, Fonds paroisse de Sainte-Anne-de-la-Pocatière)

 
 

 

ARTICLE PREMIER
Lundi, mercredi, vendredi

A 5h00 en été, à 6 en hiver, le lever, une demi-heure de méditation, deux petites heures, études du rituel, cérémonies ou rubriques jusqu'à l'heure de la messe.

Après le déjeuner, un quart d'heure d'inspection sur le ménage, domestiques, bassecour, etc. En été on peut y donner une demi-heure, pourvu que le tout se fasse sans s'asseoir et par manière d'exercice corporel.

À la suite de cet exercice, lecture d'un chapitre ou deux de l'ancien testament, récitation des deux autres petites heures, puis étude de la théologie et scholastique jusqu'au dîner, qu'il faut faire précéder, autant que possible, d'un demi-quart d'heure de recueillement et d'examen.

Après le dîner, délassement et promenade jusqu'à deux heures, y comprise la récitation de vêpres et complies.

À deux heures, étude de la théologie morale ou des cas de conscience jusqu'à quatre.

À quatre heures, un quart d'heure d'adoration du saint Sacrement suivi du chapelet récité en se promenant. Après le chapelet, lecture d'un ou deux chapitres du nouveau testament, revue de ses extraits d'écriture sainte, de manière que le tout occupe une demi-heure, ensuite il récitera matines et laudes pour le lendemain.

S'il reste du temps avant le souper, qui doit se faire entre six et sept heures, il peut l'occuper à quelque lecture amusante, sacrée ou profane.

Immédiatement après souper, la prière du soir à laquelle doivent être appelés tous les domestiques.

Après la prière, une demi-heure d'instruction soit aux domestiques, soit à des paroissiens ignorants qui auraient besoin d'être catéchisés en particulier, comme il arrive dans toutes les paroisses.

À la suite de cette instruction, le curé peut s'occuper des comptes de sa maison, écrire des lettres, etc. jusque vers neuf heures et demie.

À 9 heures et demie lecture spirituelle, inspection du sujet de méditation pour le lendemain et coucher vers dix heures.

Jusqu'à ce qu'il s'endorme, il peut s'occuper de la manière dont il a sanctifié la journée.

ARTICLE SECOND

Dans l'un de ces deux jours, il faut aller voir un confrère édifiant, dans l'autre, il faut en appeler un ou deux chez soi.

S'il attend quelque confrère, tous les exercices du matin doivent être les mêmes que ci-dessus, jusqu'à ce que le confrère arrive. S'il doit se confesser ce jour-là, il doit prendre dans la matinée le temps de s'y préparer, et remplir ce devoir dès que le confrère est arrivé.

II doit, de plus, s'être muni de quelque sujet instructif pour fournir une matière solide à la conversation. Pendant que le confrère est chez lui, tous les exercices sont suspendus jusqu'à ce qu'il reparte et, après son départ, il faut les reprendre suivant l'heure où l'on sera alors.

Si c'est lui qui doit visiter un confrère, il tâchera de n'être pas plus de quatre heures absent. Pour économiser le temps, il peut garder pour la route ceux des exercices qu'il est possible d'y faire, tel que la récitation des deux dernières petites heures de vêpres et complies, du chapelet. S'il doit se confesser ce jour-là, il peut s'y préparer en route, afin de remplir ce devoir dès qu'il sera rendu.

Avant de rentrer chez lui, il doit aller, soit à pied, soit en voiture,

visiter quelque infirme de sa paroisse, ou quelque malade déjà administré. Il doit faire tous ceux de ses exercices dont les heures arrivent avant son départ de chez lui et après son retour. Quant à ceux qu'il a réservés pour la route, il en remplira le temps comme il voudra.

En ces deux jours, il pourra s'exempter de l'instruction, d'après la prière du soir, prescrite à l'article ter, et la remplacer par le délassement et la conversation.

ARTICLE TROISIÈME

Samedi

Ce jour doit être considéré comme ayant pour objets essentiels la préparation à la prédication du lendemain et la décoration de l'église, de l'autel et l'arrangement de la sacristie.

Excepté les exercices spirituels qui ne doivent pas être omis, même en ce jour, tous les autres doivent être subordonnés à ces deux objets et ne se faire qu'autant qu'ils seront remplis.

 

Il faut néanmoins faire en sorte que l'instruction d'après la prière du soir se passe ce jour‑là, comme elle est prescrite à l'article premier Avant de se coucher, il faut préparer ses annonces pour le prône du lendemain. Les veilles de fêtes doivent être considérées comme le samedi.

 

ARTICLE QUATRIÈME

Dimanche

En se levant, réciter les quatre petites heures puis se rendre à l'église, et si les confessions ne commencent pas immédiatement faire l'oraison et repasser la matière que l'on doit prêcher,

Laisser deux heures franches entre la grand'messe et vêpres dans l'été et un peu moins en hiver. Depuis la Toussaint jusqu'à Pâques, la messe du dimanche devrait commencer à dix heures, et depuis Pâques, jusqu'à la Toussaint à neuf heures.

L'office de vêpres doit être précédé d'une demi‑heure de catéchisme depuis la Toussaint  jusqu'au Carême jusqu'à la Toussaint

Après vêpres, confesser ce qui se présente de personnes, ensuite réciter complies, matines et laudes, en se promenant, si la saison le permet; réciter chapelet et ne pas rentrer à la maison s'il est possible, sans avoir visité et assisté quelque pauvre du voisinage.

S'il n'y a pas de confessions ou qu'elles soient en petit nombre, déparer l'autel après vêpres; sinon remettre la déparure au lendemain matin.

Depuis le souper, même  règlement qu'à l'article premier.

Ce qui est réglé pour le dimanche doit s'entendre aussi les fêtes.

ARTICLE CINQUIÈME

Règles générales

1. Ne point attirer chez soi de visites inutiles, surtout de laïcs qui ne sont propres qu'à faire perdre le temps.

2. Ne jamais tutoyer ni femme ru fille, quelque jeune qu'elle soit.

3. Ne jamais faire à la maison une fonction ecclésiastique qui peut se faire à la sacristie, ni à la sacristie celle qui peut se faire à l'église.

4. Ne jamais confesser sans grille.

5. Ne jamais confesser fille ru femme, même dans le jour, si elle n'est accompagnée de quelqu'un.

5. (sic) Découcher rarement.

6. Ne pas aller en ville plus de six fois l'an

7. N'omettre dans ses voyages ni la méditation ru l'adoration du saint Sacrement ni le chapelet.

8. Quand les besoins du ministère commandent, laisser avec empressement ses exercices pour vaquer au salut des âmes.

Le Javelier juillet 2001

 
 

   

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