L' Église veut rendre leur caractère sacré aux jurons

 

«Calice», «Ciboire»,
des jurons, mais avant tout des objets sacrés.

MONTRÉAL (PC) ‑ L'Église catholigue de Montréal voudrait bien redonner leur sens original aux mot comme «tabernacle» et «calice», en rappelant aux Québécois que ces jurons demeurent des objets sacrés pour l'Église.

Celle‑ci a lancé ce week‑end une campagne publicitaire‑choc à l'occasion de la collette annuelle de l'Église catholique de Montréal, pour attirer l'attention et susciter des dons, bien sûr, mais aussi pour faire comprendre aux gens la véritable signification de mots que certains lancent spontanément lorsqu'ils piquent une colère ou se donnent un coup de marteau sur le pouce

Plusieurs églises montréalaises arborent maintenant de gigantesques bannières où l'on peut lire, en grosses lettres rouges, les noms d'objets du culte, suivis de leur définition en plus petits caractères. Exemples: «Tabernacle ‑‑ n.m.: Petite armoire fermant à clé, qui occupe le milieu de l'autel et contient le ciboire». «Ciboire ‑ n.m.: Vase sacré en forme de coupe où l'on conserve les hosties consacrées pour la communion.»

Bien que certains de ces mots aient été utilisés comme jurons dès les l'années 1800, leur utilisation est devenue plus fréquente au cours des 40 dernières années, à mesure que les francophones du Québec tournaient le dos à l'Église catholique.

Beaucoup de gens ne savent même plus ce que ces mots signifient, souligne Jean Boyer, un prêtre montréalais rencontré alors qu'il visitait la Basilique Notre‑Dame, samedi. L' Église espère qu'une fois le choc passé, les gens réfléchiront au vrai sens des mots, a‑t‑il dit. «Il y a beaucoup de jeunes qui ne savent même pas qu'autrefois, c'était du blasphème.»

Selon Monique Carmel, linguiste et traductrice, pour l'Église, il s'agit d'un problème propre au Québec. Ces mots étaient. utilisés comme des blasphèmes, comme une forme de rébellion alors que l'Églises exerçait un énorme pouvoir sur la société québécoise, expliquait‑elle en entrevue hier. «La France est une société séculaire depuis Napoléon, alors cela n'existe pas là-bas.»

Selon le révérend Boyer, les responsables de l'Église ont d'abord hésité quand l'agence de publicité leur a soumis l'idée de la campagne de publicité pour leur collecte annuelle, mais ce thème présentait l'avantage d'attirer l'attention et de rafraîchir la mémoire des gens sur certaines définitions d'objets sacrés.

 

 
 

Le journal de Québec

 

 

 

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