Le chapelet

 

 
 

Le pape confie la cause de la paix à la prière du Rosaire

 

 
 

L'écoute de la Parole de Dieu

Pour donner un fondement biblique et une profonde plus grande à la méditation,il est utile que l'énoncé du mystère soit suivi de la proclamation d'un passage biblique correspondant qui, en fonction des circonstances, peut être plus ou moins important. Les autres paroles en effet n'atteignent jamais l'efficacité particulière de la parole inspirée. Cette dernière doit être écoutée avec la certitude qu'elle est Parole de Dieu, prononcée pour aujourd'hui et "pour moi".
Ainsi écoutée, elle entre dans la méthodologie de répétition du Rosaire, sans susciter l'ennui qui serait produit par le simple rappel d'une information déjà bien connue. Non, il ne s'agit pas de faire revenir à sa mémoire une information, mais de laisser "parler" Dieu. Dans certaines occasions solennelles et communautaires, cette parole peut être illustrée de manière heureuse par un bref commentaire.

 

 
 

Les prières du Rosaire

Je crois en Dieu

Je crois en Dieu, le Père tout -puissant Créateur Créateur du ciel et de la terre.: Et en Jésus-Christ, son Fils unique, Notre-Seigneur. Qui a été conçu du Saint-Esprit,  est né de la vierge Marie. A souffert sous Ponce-Pilate, a été crucifié, est mort, a été enseveli:. Est descendu aux enfers, le troisième jour est ressuscité des morts. Est monté aux cieux, est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant.  D'où il viendra juger les vivants et les morts.  Je crois au Saint-Esprit.  La sainte Eglise catholique, la communion des saints.  La rémission des péchés.  La résurrection de la chair. La vie éternelle.
Amen

Notre Père

Notre Père qui êtes aux cieux. Que votre nom soit sanctifié. Que votre règne arrive. Que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel.

Donnez-nous aujourd'hui notre pain quotidien. Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés. Et ne nous laissez pas succomber à ta tentation. Mais délivrez-nous du mal.
Amen.

Je vous salue Marie

Je vous salue Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous, vous êtes bénie entre toutes les femmes. et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.

Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pécheurs, maintenant et à l'heure de notre mort.
Amen.

Gloire soit au Père

 Gloire soit au Père, au Fils et au Saint-Esprit. Comme elle était au commencement, maintenant, et toujours dans les siècles des siècles.
Amen
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La récitation du saint Rosaire

Sur la croix du chapelet: signe de la croix et récitation du «Je crois en Dieu».

Premier grain: Un «Notre Père»

Sur les trois grains suivants: trois «Je vous salue Marie».

Sur le cinquième grain: Un «Gloire soit au Père».

Après la récitation de chaque mystère: Un Notre Père, dix Je vous salue Marie et un Gloire soit au Père.

La très Sainte Vierge a demandé aux trois petits bergers à Fatima de réciter entre chaque dizaine, la prière suivante:

«O bon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l'enfer, conduisez au Ciel toutes les âmes, spécialement celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde.»

 

 
 

Le "Notre Père"

 Après l'écoute de la Parole et la focalisation sur le mystère, il est naturel que l'esprit s'élève vers le Père. En chacun de ses mystères, Jésus nous conduit toujours au Père, auquel il s'adresse continuellement, parce qu'il repose en son «sein" (cf: Jn1,18): Il veut nous introduire dans l'intimité du Père, pour que nous disions comme Lui: "Abba, Père" (Rm 8,15; Ga 4;6). C'est en rapport avec le Père qu'il fait de nous ses frères et qu'il nous fait frères les uns des autres, en nous communiquant l'Esprit qui est tout à la fois son Esprit et l'Esprit du Père.

Le "Notre Père", placé pratiquement comme au fondement de la méditation christologique et mariale qui se développe à travers la répétition de l'Ave Maria, fàit de la méditation du mystère, même accomplie dans la solitude, une expérience ecclésiale.

 

 
 

Les dix "Ave Maria"

C'est tout à la fois l'élément le plus consistant du Rosaire et celui qui en fait . une prière mariale par excellence. Mais précisément à la lumière d'une bonne compréhension de l'Ave Maria, on perçoit avec clarté que le caractère marial, non seulement ne s'oppose pas au caractère ehristologique, mais au contraire le souligne et le met en relief. En effet, la première partie de l'Ave Maria, tirée des paroles adressées à Marie par l'Ange Gabriel et par sainte Élisabeth, est une contemplation d'adoration du mystère qui s'accomplit dans la Vierge de Nazareth.

Ces paroles expriment, pour ainsi dire, l'admiration du ciel et de la terre, et font, en un sens, affleurer l'émerveillement de Dieu contemplant son chef d'oeuvre - l'incarnation du Fils dans le sein virginal de Marie -, dans la ligne du regard joyeux de la Genèse (cf. Gn1,31), de l'originel "pathos avec lequel Dieu, à l'aube de la création, a regardé l'oeuvre de ses mains". Dans le Rosaire, le caractère répétitif de l'Ave Marie nous fait participer à l'enchantement de Dieu: c'est la jubilation, l'étonnement, la reconnaissance du plus grand miracle de l'histoire. Il s'agit de l'accomplissement de la prophétie de Marie: "Désormais tous les âges me diront bienheureuse" (Lc1,48).
Le centre de gravité de l'Ave Maria, qui est presque comme une charnière entre la première et la seconde partie, est le nom de Jésus. Parfois, lors d'une récitation faite trop à la hâte, ce centre de gravité disparaît, et avec lui le lien au mystère du Christ qu'on est en train de contempler. Mais c'est justement par l'accent qu'on donne au nom de Jésus et à son mystère que fon distingue une récitation du Rosaire significative et fructueuse. Dans l'exhortation apostolique Marialis cultus, Paul V1 rappelait déjà l'usage pratiqué dans certaines régions de donner du relief au nom du Christ, en ajoutant une clausule évocatrice du mystère que l'on est en train de méditer. C'est une pratique louable, spécialement dans la récitation publique. Elle exprime avec force la foi christologique appliquée à divers moments de la vie du Rédempteur. Il s'agit d'une profession de foi et, en même temps, d'une aide pour demeurer vigilant dans la méditation, qui permet de vivre la fonction d'assimilation, inhérente à la répétition de l'unique nom par lequel il nous est donné d'espérer le salut (cf. Ac 4,12) -, étroitement lié à celui de sa Très Sainte Mère, et en la laissant presque elle-même nous le suggérer,  constitue un. chemin d'assimilation, qui  vise à nous faire entrer toujours plus profondément dans la vie du Christ.

C'est de la relation très spécifique avec le Christ, qui fait de Marie la Mère de Dieu, la Theotokos, que découle ensuite la force de la supplication avec laquelle nous nous adressons à elle dans la seconde partie de la prière, confiant notre vie et l'heure de notre mort à sa maternelle intercession.

 

 
 

Le "Gloria"

La doxologie trinitaire est le point d'arrivée de la contemplation chrétienne. Le Christ est en effet le chemin qui conduit au Père dans l' Esprit. Si nous parcourons en profondeur ce chemin, nous nous retrouvons sans cesse devant le mystère des trois Personnes divines à louer, à adorer et à remercier.

 

Il est important que le Gloria, sommet de la contemplation, soit bien mis en relief dans le Rosaire. Lors de la récitation publique, il pourrait être chanté, pour mettre en évidence de manière opportune cette perspective qui structure et qualifie toute prière chrétienne.

 

Dans la mesure. où la méditation du mystère a été attentive, profonde, ravivée  -d'Ave en Ave - par l'amour pour le Christ et pour Marie, la glorification trinitaire après chaque dizaine, loin de se réduire à une rapide conclusion., acquiert une juste tonalité contemplative, comme pour élever l'esprit jusqu'au Paradis et nous faire revivre, d'une certaine manière,l'expérience du Thabor, anticipation de la contemplation future: "Il est heureux que nous soyons ici !" (Lc 9,33).

 

 
 

Le chapelet

Le chapelet est l'instrument traditionnel pour la récitation du Rosaire. Une pratique par trop superficielle conduit à le considérer souvent comme un simple instrument servant à compter la succession des Je vous salue Marie. Mais il veut aussi exprimer un symbolisme qui peut donner un sens nouveau à la contemplation.

 
   

À ce sujet, il faut avant tout noter que le chapelet converge vers le Crucifié, qui ouvre ainsi et conclut le chemin même de la prière. La vie et la prière des croyants sont centrées sur le Christ. Tout part de Lui; tout tend vers Lui; et par Lui, tout, dans l'Esprit Saint, parvient au Père.
En tant qu'instrument servant à compter, qui scande la progression de la prière, le chapelet évoque le chemin incessant de la contemplation et de la perfection chrétiennes. Le bienheureux Bartolo Longo voyait aussi le chapelet comme une "chaîne" qui nous relie à Dieu. Une chaîne, certes, mais une douce chaîne; car tel est toujours la relation avec Dieu qui est Père. Une chaîne "filiale", qui nous accorde à Marie, la "servante du Seigneur" (Lc 1, 38) et, en définitive, au Christ lui-même qui, tout en étant Dieu, s'est fait "serviteur" par amour pour nous (Ph 2,7,x.

 
 

Il est beau également d'étendre la signification symbolique du chapelet à nos relations réciproques; par lui nous est rappelé le lien de communion et de fraternité qui nous unit tous dans le Christ
 

 
 

Début et fin

Dans la pratique courante, les manières d'introduire le Rosaire sont variées, selon les différents contextes ecclésiaux. Dans certaines régions, on commence habituellement par l'invocation du Psaume 69[701: "Dieu, viens à mon aide; Seigneur, à notre secours",comme pour nourrir chez la 'personne qui prie l'humble conscience de sa propre indigence; dans d'autres lieux, au contraire, le Rosaire débute par la récitation du Credo, comme pour mettre la profession de foi au point de départ du chemin de contemplation que l'on entre prend. Dans la mesure où elles disposent bien l'esprit à la contemplation, ces formes et d'autres semblables sont des usages également légitimes. La récitation se conclut par la prière aux intentions du Pape, afin d'élargir le regard de celui qui prie aux vastes horizons des nécessités ecclésiales. C'est justement pour encourager cette ouverture ecclésiale du Rosaire que l'Église a voulu l'enrichir, d'indulgences à l'intention de ceux qui le récitent avec les dispositions requises.
 

En effet, s'il est ainsi vécu, le Rosaire devient vraiment un parcours spirituel, dans lequel Marie se fait mère, guide, maure, et elle soutient le fidèle par sa puissante intercession. Comment s'étonner du besoin ressenti par l'âme, à la fin de cette prière dans laquelle elle a fait l'expérience intime de la maternité de Marie, d'entonner une louange à la Vierge Marie, que ce soit la splendide prière du Salve Regina ou celle des Litanies de Lorette ?. C'est le couronnement d'un chemin intérieur, qui a conduit le fidèle à un contact vivant avec le mystère du Christ et de sa Mère très sainte.
 

 
 

La répartition dans le temps

Le Rosaire peut être récité intégralement chaque jour, et nombreux sont ceux qui le font de manière louable. Il parvient ainsi à remplir de prière les journées de nombreux contemplatifs, ou à tenir compagnie aux malades et aux personnes âgées, qui disposent de beaucoup de temps. Mais il est évident - et ceci vaut d'autant plus si on ajoute le nouveau cycle des mysteria lucis - que beaucoup ne pourront en réciter qu'une partie, selon un certain ordre hebdomadaire. Cette répartition hebdomadaire finit par donner aux différentes journées de la semaine une certaine "couleur" spirituelle, comme le fait de manière analogue la liturgie avec les diverses étapes de l'année liturgique.
Selon l'usage courant, le lundi et le jeudi sont consacrés aux "mystères joyeux", le mardi et le vendredi aux "mystères douloureux", le mercredi, le samedi et le dimanche aux "mystères glorieux". Où insérer les mystères lumineux' ? Considérant que les mystères glorieux sont proposés deux jours de suite, le samedi et le dimanche, et que le samedi est traditionnellement un jour à fort caractère marial, on peut conseiller de déplacer au samedi la deuxième méditation hebdomadaire des mystères joyeux, dans lesquels la présence de Marie est davantage accentuée. Ainsi, le jeudi reste opportunément libre pour la méditation des mystères lumineux.
Cette indication n'entend pas toutefois limiter une certaine liberté dans la méditation personnelle et communautaire, en fonction des exigences spirituelles et pastorales, et surtout des fêtes liturgiques qui peuvent susciter d'heureuses adaptations. L'important est de considérer et d'expérimenter toujours davantage le Rosaire comme un itinéraire de contemplation. Par lui, en complément de ce qui se réalise dans la liturgie, la semaine du chrétien, enracinée dans le dimanche, jour de la résurrection, devient un chemin à travers les mystères de la vie du Christ, qui se manifeste dans la vie de ses disciples comme le Seigneur du temps et de l'histoire.

 

 
 

CONCLUSION

"Rosaire béni de Marie,
douce chaîne qui nous relie à Dieu"

Ce qui a été dit jusqu'ici exprime amplement la richesse de cette prière traditionnelle, qui a la simplicité d'une prière populaire, mais aussi la profondeur théologique d'une prière adaptée à ceux qui perçoivent l'exigence d'une contemplation plus mûre.
L'Église a toujours reconnu à cette prière une efficacité particulière, lui confiant les causes les plus difficiles dans sa récitation communautaire et dans sa pratique constante. En des moments où la chrétienté elle-même était menacée, ce fut à la force de cette prière qu'on attribua l'éloignement du danger, et la Vierge du Rosaire fut saluée comme propitiatrice du salut.
Aujourd'hui, comme j'y ai fait allusion au début, je recommande volontiers à l'efficacité de cette prière la cause de la paix dans le monde et celle de la famille.

 

 
 

Du Vatican, le 16 octobre 2002, début de la vingt-cinquième année du Pontificat

Les beaux textes suivants, écrits par le Saint-Père sur le Rosaire

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