Un siècle
de ministère paroissial

ULRIC LÉVESQUE
LIVRE DU CENTENAIRE

 

 
 

1.‑E.‑Olivier Martin, 1905‑1910

L'orage passé, la vie paroissiale reprit son train normal. Quant à l'abbé Martin, il put enfin respirer à l'aise. Né à Suint‑Denis‑de la‑Bouteillerie, le 29 janvier 1870, il avait étudié au Collège de Sainte-Anne et à Québec où avait eu lieu son ordination par Monseigneur Bégin, le 27 mai 1893; l'exercice de ses fonctions l'avait amené à Saint‑Georges‑de‑Beauce et Saint‑Casimir, d'où il était parti en 1897 pour occuper sa première cure, celle de Saint‑Thuribe, paroisse dont il fut le fondateur. C'est là qu'il avait appris sa nomination comme curé ‑de Mont‑Carmel.

« Le bon Dieu, note l'auteur de sa notice biographique,42 l'avait doué d'une voix riche et chaude; il savait en user avec art ( . . . ] pour chanter les divines louanges et faire exécuter les chants liturgiques qui attiraient les âmes à la prière et les élevaient harmonieusement vers le Ciel > . Ces aptitudes et cet amour de la musique l'amenèrent à doter l'église de son premier harmonium, acheté chez P.T. Légaré de Québec au coût de $60.00.43 Son âme sensible le tournait vers les enfants pour qui il avait une sollicitude toute paternelle. De plus, le 4 septembre 1907, il obtenait le diplôme pour une Congrégation d'Enfants de Marie.44

Le curé Martin se mêla très intimement à la vie de ses fidèles. A l'époque, les lots de colonisation étaient réclamés par les colons des paroisses, et Mont‑Carmel ne faisait pas exception; le curé Martin se chargea de faire, auprès du gouvernement provincial, les pressions nécessaires à leur obtention. Il s'occupa aussi très activement des problèmes d'écoles, surtout pour régler à l'amiable les nombreux différends qui survenaient et pour améliorer quelque peu le niveau de l'instruction dans la paroisse; il fut même Président de la Commission Scolaire de 1908 jusqu'à son départ.

Par souci de bien renseigner ses fidèles, le curé Martin ne manquait pas de s'informer aux autorités lorsque certaines questions étaient confuses dans son esprit. Nous avons retrouvé une de ses lettres qui donne un aperçu :des moeurs électorales de l'époque et nous révèle un prêtre bien conscient de son rôle de guide de son troupeau. « Le fléau d'une élection partielle, écrit‑il à Monseigneur L.‑N. Bégin le 23 novembre 1909, nous est annoncée pour le six de décembre prochain. Pour prévenir les ravages, en donnant à mes paroissiens une direction aussi saine que possible, je crois opportun de soumettre à Votre Grandeur les quelques cas suivants » ; suit une série de questions sur la corruption électorale (argent, boisson), sur la responsabilité morale du candidat qui donne boisson ou argent, sur l'obligation de rendre les effets reçus si l'on n'a pas voté pour le candidat; et le curé de conclure: « Est‑ce mal de dire aux gens, du haut de la chaire: « Prenez l'argent qu'on vous donnera et votez comme bon vous semblera ? > .45 Autres temps, autres moeurs, dit le proverbe; c'est difficilement vérifiable dans le cas présent!

Le curé Martin quitta Mont‑Carmel en 1910; il allait poursuivre son oeuvre au poste de Directeur de l'Ecole d'Agriculture de Sainte‑Anne. L'auteur de sa notice biographique rapporte que la « science de la terre qu'il a beaucoup aimée était pour lui la science pratique du dévouement à nos populations, le moyen de les attacher par tous leurs meilleurs intérêts matériels et moraux à la vie agricole, nourrice des races saines et des fortes vertus > . Nommé inspecteur des Ecoles Ménagères de la Province en 1914, il devint un grand voyageur devant l'Eternel, toujours entre deux courses. Sa vie exemplaire lui mérita cet éloge du Cardinal Bégin: « J'avais une grande estime pour cet excellent prêtre, si pieux, si sage, si dévoué » . Ce fut à Saint‑Denis, le 3 août 1923, qu'il partit recevoir la récompense de son .dévouement.

Joseph‑Alphonse Lessard, 1910‑1923

Joseph‑Alphonse Lessiard naquit à Broughton, comté de Beauce, le 6 août 1874, dans une famille assez à l'aise. Sans être le premier, il a toujours su se classer parmi les premiers de sa classe aux Collèges de Sainte‑Anne et de Lévis qu'il fréquenta. Ordonné prêtre en juillet 1899 puis vicaire à Saint‑Ephrem‑de‑Tring, l'abbé Lessard exerça ensuite son ministère aux cures de Saint‑Fabien et de Saint‑Marcel, deux paroisses de colonisation où il se dévoua sans relâche afin d'améliorer les conditions matérielles de ses fidèles en leur obtenant lots, routes et chemins, en plus du ministère paroissial.

Aussi la cure de Mont‑Carmel lui apparut‑elle de tout repos en comparaison des deux précédentes, puisque, à son arrivée, l'organisation paroissiale était parfaite; il n'a eu qu'à continuer l'oeuvre de ses prédécesseurs, devoir qu'il remplit avec un remarquable dévouement.

Sur le plan matériel, quelques réalisations d'une certaine portée. En 1911, il incita les Fabriciens à changer le système de chauffage de l'église qui ne donnait pas un bon rendement; un nouveau système à air chaud et charbon, acheté chez Vandry et Matte de Québec au coût de $2162 le remplaça;46 ~le même mode de chauffage fut installé au presbytère vers 1920. Le curé Lessard procura également un orgue à vent pour l'église vers 1917. La voûte de l'église subit des réparations majeures en 1918 et, deux ans plus tard, Joseph Collin de Rivière‑du‑Loup construisait les galeries attenantes au jubé, pour augmenter le nombre des < places de banc > .

« Sans être un orateur, écrit un de ses collègues, M. l'abbé Lessard savait toujours donner à ses paroissiens un solide enseignement. Partout où il a passé, il fut aussi un administrateur habile et prudent. La Caisse Populaire de Mont‑Carmel, qu'il a fondée et dirigée lui‑même, est encore très florissante. Profondément attaché à sa paroisse qu'il quitta rarement et jamais pour longtemps, M. l'abbé Lessard avait su gagner l'estime et la vénération de ses paroissiens par un infatigable dévouement et sa grande bonté. Sa piété exemplaire a laissé des souvenirs édifiants partout où il a exercé le ministère > .47

En juin 1920, un jeune prêtre, l'abbé joseph‑Lauréat L' Heureux, vint l'aider dans sa tâche; à peine âgé de quarante‑six ans, le brave curé commençait à ressentir le poids des années, tant son activité débordante avait miné ses forces. Le 8 février 1923, il décédait dans son presbytère, après quelques jours seulement de maladie. Sa Grandeur, :Monseigneur Paul‑Eugène Roy, évêque‑coadjuteur, descendit présider lui‑même à la cérémonie des funérailles < pour témoigner son estime à la mémoire de ce bon prêtre > . Mont‑Carmel perdait un de ses pasteurs les plus estimés.

François Saint‑Pierre, 1923‑1937

Le successeur du curé Lessard, Messire François Saint‑Pierre, sut se faire accepter rapidement par ses paroissiens. Il était né à SainteHélène, le 2 avril 1886, du notaire Paul Saint‑Pierre et d'Eugénie Chénard. Après ses études classiques au Collège de Sainte‑Anne, où il se révéla élève brillant, docile, studieux, jovial et d'une exquise urbanité, il fit un an au Grand Séminaire puis revint terminer ses études théologiques à Sainte‑Anne. Ordonné prêtre en 1912, il demeura encore onze ans professeur au Collège.

'APMC, min. lI: 2‑6.

"D'après Frs~Ph. L., ptre, Feu l'abbé l.‑A. Lessard, dans Annuaire du Collège de Sainte‑Anne‑de‑la‑Pocatière, 1922‑1923, 94‑96.

L'abbé Saint‑Pierre quitta Sainte‑Anne en 1923 pour occuper la cure de Mont‑Carmel. « Il y a laissé le souvenir d'un pasteur dévoué, affable et excellent. à tous égards > . Le curé Saint‑Pierre « ne manquait pas de talent ni de facilité de parole. Il préparait vite ses sermons et il prêchait très bien. Ses prônes étaient clairs, précis, pratiques, toujours marqués au coin de l'expérience » et du savoir‑faire. Ce sympathique curé « était volontiers aimable et brillant. On ne pouvait que jouir du charme de sa personne, de sa courtoisie exquise et de sa belle hospitalité. Il était naturellement gai, affable et d'un humour délicat [ . . . ] Ajoutons que si son esprit était clair, son bon coeur savait aussi consoler et réconforter: les malades en ont fait la douce expérience » 48

Bon administrateur et amateur de beau, le curé Saint‑Pierre rehaussa la valeur des biens de la Fabrique et y ajouta des choses susceptibles d'orner les réalités matérielles. En juillet 1924, il bénit un calvaire dans le cimetière; le Christ et les statues de saint jean et de la très sainte Vierge avaient été donnés par des paroissiens;" on dévoila deux statues dans l'église, le 8 septembre 1932, l'une de Notre­Dame‑du‑Mont‑Carmel, l'autre de la Bonne Sainte Anne.50 Mais la réalisation la plus importante de Messire Saint‑Pierre fut l'installation d'un carillon de trois cloches dont la bénédiction eut lieu le 28 juin 1925, par Monseigneur Auguste Boulet, procureur du Collège de Sainte­Anne; elles pesaient au total 3 864 livres et donnaient les notes fa dièse, sol dièse et la dièse. En 1927, la cloche la dièse fut changée pour une plus grosse, qui donnait la note mi.51 Nous avons ajouté en appendice d'autres renseignements sur ces cloches encore en usage aujourd'hui. Malgré ces dépenses et malgré la crise, la Fabrique n'était pas plus endettée en 1937 que quatorze ans plus tôt.

 

Sous son administration, deux vicaires se succédèrent à la tâche; il s'agit des abbés P.‑G. Emond, nommé en 1927, et Albert Dionne, nommé en 1930. En 1937, le curé Saint‑Pierre se voyait confier la cure de Saint‑Pacôme; son séjour à cet endroit fut marqué par la formation de la paroisse de Saint‑Gabriel‑Lalemand, détachée de Saint Pacôme. Le révérend François Saint‑Pierre déménagea à Saint‑François Xavier de la Rivière‑du‑Loup en 1943; c'est là que ,la mort le faucha

 

en 1949; il y fut inhumé le 5 décembre, au cours d'une cérémonie très solennelle présidée par Monseigneur Maurice Roy, Archevêque de Québec.

Amédée Caron, 1937‑1952

L'abbé Amédée Caron est né à Saint‑Jean‑Port‑Joli, le 13 juin 1885, dans une excellente et nombreuse famille de cultivateurs. Ses études terminées, il reçut l'ordination sacerdotale à Sainte‑Anne‑dela‑Pocatière, le 29 juin 1915. Vicaire à Saint‑Victor de Beauce, curé de Saint‑Nazaire de Dorchester, il quitta ce dernier endroit pour Mont‑Carmel où la cérémonie d'installation se déroula le 27 janvier 1937.

Tous se souviennent de la personnalité de ce saint prêtre. « Avec des qualités naturelles qui ne s'élevaient pas au‑dessus de la moyenne, il a été sans bruit, un prêtre fidèle, très dévoué, très bon > . Aucune réalisation matérielle d'envergure sous son administration; à peine peuton noter une réparation faite à l'église en 1941, à la demande des paroissiens.52 Le curé Caron avait le sens du devoir bien rempli et son ministère s'est toujours exercé de façon discrète mais efficace. Nous ne pouvons que citer ‑ces quelques lignes d'un de ses confrères, qui résument très bien sa personnalité: « 11 a occupé trois postes. Cette stabilité a été chez lui, comme il arrive souvent, le signe sensible de sa fidélité. Etre au devoir, seulement cela, mais tout cela, échappe parfois à l'observation désireuse ~de trouver du pittoresque ou de l'éclat. Mais pour ceux qui estiment tout au poids du sanctuaire, cette détermination est fine fleur de l'apostolat. N'en doutons pas, l'abbé Caron l'a mise tout entière au confessionnal, auprès des malades comme dans la préparation laborieuse du catéchisme et de la prédication. Naturellement bon, parfois peut‑être jusqu'à l'excès, il était d'avis, croyons‑nous, que le dévouement guérissait la faiblesse humaine parce que, branché sur la Rédemption, il touchait à la Miséricorde de Dieu > .53

La cure de Mont‑Carmel devait être sa dernière. Au cours de sa retraite en août 1949, il fut frappé par une paralysie cérébrale; les médecins pratiquèrent une trépanation qui ne procura pas l'amélioration souhaitée. Malgré des efforts surhumains pour continuer son ministère paroissial, le curé Caron fut forcé d'abandonner son poste en 1950 et demeura hospitalisé pendant de longues années durant lesquelles il endura une alternance de mieux et de pire. « La souffrance physique et morale a donc été l'ultime action sacerdotale de ce prêtre déjà plein de mérite par son ministère > . Le 21 octobre 1956, il décédait à l'Hôpital de la Rivière‑du‑Loup, en laissant à ses paroissiens, dont plusieurs allaient régulièrement le visiter, le souvenir d'un pasteur simple, dévoué et très généreux.

Il avait reçu à Mont‑Carmel l'aide de plusieurs vicaires; mentionnons messieurs les abbés Albert Dionne, Maurice Bois (1946) et Léo Blanchet (1949). En août 1950, l'abbé Antoine Lévesque, un fils de la paroisse, s'amenait dans son patelin comme vicaire‑substitut, avec l'assistance de monsieur Adrien Forgues; à l'automne de la même année, monsieur Pierre Dumont se chargea d'assurer l'intérim jusqu'à l'arrivée du nouveau curé en titre, monsieur Arthur Bilodeau, intronisé le 28 août 1952.

'APMC, min. II: 71s.

'Extrait d'une notice biographique signée « un confrère » parue dans Annuaire du Collège de Sain te‑Anne‑de‑la‑Pocatière, 1956‑1957, 75s.

 

Monsieur Arthur Bilodeau, 1952‑1965

Monsieur Arthur Bilodeau est né à Saint‑François de Montmagny, le 19 janvier 1901; après ses études classiques au Collège de SainteAnne et théologiques à Québec et à Sainte‑Anne, il fut ordonné prêtre dans la chapelle du Collège, le 29 juin 1926. Vicaire à Sainte‑Anne de 1926 à 1928, il occupa ensuite la même charge pendant treize ans à Saint‑Alexandre de Kamouraska; à ce dernier endroit, monsieur Bilodeau se distingua par son ardeur à développer, sur des bases solides, le chant de Solesmes; il donna aussi des cours de français, d'anglais et de latin à des écoliers qui devaient aller au Collège; son succès comme organisateur de la J.E.C. attira l'attention du Cardinal Villeneuve qui songea à le nommer aumônier diocésain de ce mouvement.54 La Providence l'appelait ailleurs et c'est à la cure de Sainte‑Euphémie qu'il passa la période 1941‑1952.

Le 19 juillet 1952, Son Excellence Monseigneur Bruno Desrochers, évêque du nouveau diocèse de Sainte‑Anne‑della‑Pocatière, le nommait curé de Mont‑Carmel. Son activité s'y déploya pendant treize ans, jusqu'à ce moment où un rideau de ténèbres s'abattit devant ses yeux, le rendant incapable de vaquer à ses occupations curiales. Malgré des démarches nombreuses qui l'ont conduit jusqu'à Boston, monsieur Bilodeau n'a pas recouvré la vue. Depuis 1965, il vit retiré à la Villa Saint‑Jean de la Pocatière.

Doué d'une voix superbe, qu'il utilisait avec art pour chanter les louanges du Seigneur, monsieur Bilodeau savait aussi prêcher brièvement et avec une langue toujours précise; ses appels à la charité recevaient toujours un accueil empressé. Une réelle bonhomie et un humour mordant en rendaient ‑ et en rendent encore ‑ la compagnie des plus agréables.

La lecture des minutes de la Fabrique fait découvrir un des traits les plus marquants de sa personnalité: ses qualités d'administrateur hors pair. Il ne s'est pas passé une année où ne furent pas entreprises des améliorations matérielles. En 1953, un orgue électronique Consonata remplaçait le vétuste orgue à vent de 1917; en octobre 1961, monsieur Bilodeau organisait d'importants travaux de rénovation à l'église, qui ont transformé cet édifice en un endroit qui incite véritablement à la prière. Monsieur Bilodeau a déclenché en 1954 l'opération embellissement du cimetière et y a fait construire, l'année suivante, un charnier public en blocs de ciment. 55 Ce cimetière est aujourd'hui un des mieux entretenus de la région.

En dépit de touffes ces améliorations, monsieur Bilodeau n'a pas endetté la Fabrique; bien au contraire, il a effacé la vieille dette de la construction de l'église en 1958 et, en 1964, le bilan se soldait par un actif de $3 978.50 sans qu'il ne reste aucune dette au passif. Le 15 mai 1954 déjà, Monseigneur Bruno Desrochers avait consigné au registre de la Fabrique cet éloge tout à l'honneur de Mont‑Carmel et de son curé: « Le bilan de 1953 est particulièrement brillant: les recettes ordinaires ont dépassé les dépenses ordinaires de $3 027, ce qui est l'indice d'une excellente administration [ . . . ] J'en félicite les paroissiens, les marguilliers et particulièrement M. le Curé » .5s

Ses qualités de chef et d'organisateur lui5'valurent l'attribution de certaines responsabilités extra‑paroissiales; directeur des Ligues du Sacré‑Coeur pour le Vicariat Forain no 6 (1952), Vicaire Forain (1956) et, confirmation de ses capacités, le titre de Chanoine (1959).

A l'époque de monsieur Bilodeau, un certain nombre de vicaires partagèrent avec lui le travail du ministère paroissial; voici la liste de ceux qui sont venus à Mont‑Carmel comme vicaires officiels. L'actuel curé, monsieur Roland Michaud, de septembre 1952 à mars 1955; monsieur Jean‑Paul Roussel, de septembre 1955 à septembre 1956; monsieur Martin Simoneau, de septembre 1962 à juillet 1963; monsieur Dominique Gosselin, de juin 1964 à janvier 1965; monsieur Antonio Castonguay, de mars à juillet 1965.

Monsieur Roland Michaud, 1965‑

L'actuel curé, monsieur Roland Michaud, est originaire d'une paroisse fondée par un ancien pasteur de Mont‑Carmel, l'abbé Blais; en effet, il est né à Saint‑François‑Xavier de la Rivière‑du‑Loup, le 23 février 1912. Après ses études classiques à Sainte‑Anne‑de‑la‑Pocatière, monsieur Michaud s'est orienté vers les Missions Etrangères et fut ordonné prêtre de cette communauté en 1937. Il entra bientôt dans le clergé diocésain et entreprit une carrière qui devait le mener à la grandeur du diocèse.

A Saint‑Fabien en 1938‑1939, il fut ensuite vicaire à Saint‑Prosper (1939), Sainte‑Perpétue (1939‑1944), L'Islet (1944‑1948) et Sainte‑Anne (1948‑1951); desservant à Saint‑Aubert (1951‑1952) avant de faire un premier séjour à Mont‑Carmel (1952‑1955), il traversa à Saint‑Bruno, comme desservant pendant quelques mois, puis comme curé (1955‑1962). Après avoir été curé de Saint‑Germain en 1962‑1963, il s'occupa de l'Oeuvre des Vocations (décembre 1963‑janvier 1965) jusqu'à cet accident qui le mena à l'hôpital puis à la Villa Saint‑Jean, en repos; il prit la cure de Mont‑Carmel à la fin de mai 1965.

L'oeuvre de monsieur Michaud à Mont‑Carmel n'a pas encore duré assez longtemps pour qu'on puisse en dégager les principaux traits. Contentons‑nous de souligner l'affabilité avec laquelle il reçoit le visiteur et le dévouement qu'il met à lui apporter aide et assistance; monsieur Michaud sait aussi parler éloquemment au cours de ses prêches. Notons enfin qu'il est l'instigateur du mouvement en vue de célébrer le centenaire de Mont‑Carmel.

 

Chaque année, à la fin de décembre ou au début de janvier, les francs‑tenanciers de la paroisse choisissaient celui qui, pour une période de trois ans, administrerait les biens de la Fabrique en compagnie du curé et des deux autres marguilliers. Leur rôle se résumait parfois à peu de choses, se'.on les curés et les circonstances; le curé Dionne, par exemple, n'a réuni les marguilliers qu'une seule fois durant ses sept ans de cure. Le choix de ces représentants fut presque toujours unanime; les procès‑verbaux ne contiennent que quatre cas où les élections ont été nécessaires, et tous ces cas sont antérieurs à 1892. Il a cependant pu y en avoir d'autres. Nous avons indiqué le nom de tous ‑ceux qui ont occupé effectivement le poste, même ceux qui ont été élus en remplacement d'un marguillier démissionnaire, décédé ou qui a quitté la paroisse; nous n'avons cependant pas tenu compte de ceux qui n'ont pas accepté la charge. La date indique l'année d'entrée en fonction du marguil'.ier, non pas celle de l'élection.

 

 

 
 

Liste des marguillers
1870-1966

 

 
 

 

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