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Il y eut bénédiction de la pierre angulaire le 1e
juillet 1906 et la nouvelle église fut ouverte au culte le 8 décembre
... La pierre provient du quatrième rang et du rang de la Montagne et
est d'une assez bonne qualité; le transport: a été assuré par corvées.»
(ibid. p.14). On imagine le travail colossal accompli par ces généreux
bénévoles, autant pour le transport des pierres, leur coupe et leur mise
en place. On remarquera le temps relativement court pour la construction
d'un tel édifice, ce qui suppose sans aucun doute un esprit de
collaboration peu ordinaire.
Mais l'histoire d'une église paroissiale ne se limite
pas à sa construction. C'est une histoire vivante: c'est aussi
l'histoire de tous ceux et celles qui, depuis un siècle, l'ont
fréquentée. C'est avant tout une histoire sainte, l'histoire des
relations amoureuses entre Dieu et les fidèles qui ont été vécues dans
ce lieu de culte. Ces histoires personnelles n'ont jamais été écrites.
Elles sont demeurées dans le coeur de personnes concernées, c'est-à-dire
nos pères et mères, nos parents et amis, nos co-paroissiens(nes).
Dors d'événements difficiles à vivre comme un deuil, un échec, une
déception, une maladie, plusieurs sont venus y trouver le réconfort et
la sérénité. Lors de questionnements importants, de décisions difficiles
à prendre, plusieurs y ont trouvé lumière et discernement. Combien de
personnes sont aussi venues dans cette église pour célébrer des événements joyeux de leur vie :
leurs amours, des anniversaires, leurs succès, des pardons, la paix
intérieure retrouvée, les douceurs de la. vie ? Combien de croyants(es)
sont venus célébrer des sacrements aux moments décisifs de leur vie, et
aussi chercher des forces et dire merci lors de l'eucharistie dominicale
?
Autant les laïcs de la paroisse, que les prêtres qui y travaillent sont
aujourd'hui préoccupés par le fait que cette grande église soit de plus
en plus désertée et que bien des paroissiens(nes) soient devenus
indifférents à leur foi, et surtout à l'expression concrète de cette foi
dans la famille paroissiale. L'éducation de la foi des jeunes, celle de
leurs parents et grands-parents, demeure le défi premier de la pastorale
actuelle et de celle des années futures.
L'histoire de notre église paroissiale, c'est
également l'histoire de tous ceux et: celles qui, depuis un siècle, ont
eu à coeur de veiller, par leur participation bénévole et par leurs
dons, à ce qu'elle soit entretenue et embellie. Sur ce point, plusieurs
membres de la communauté partagent une inquiétude, à savoir s'ils
pourront entretenir encore longtemps ce temple centenaire qui exigera
certaines réparations et dont le coût du chauffage va tripler à partir
du mois d'avril à la. suite de la fin de l'entente entre Hydro Québec et
les édifices communautaires concernant la bi-énergie. Une chose est
sûre, si l'on croit vraiment que l'église fait partie du patrimoine
paroissial, sa survie ne pourra plus reposer uniquement sur une partie
de la population. Il faudra la participation d'un plus grand nombre de
personnes pour assurer autant les services pastoraux que l'entretien de
ce trésor collectif que constitue une église dans une paroisse.
Ensemble, selon la générosité et les possibilités de chacun, nous
pourrons relever ces défis qui se posent non seulement dans notre
communauté, mais dans l'ensemble des paroisses du Québec.
Nous nous unissons à tous les paroissiens(nes) de Mont-Carmel pour ces souhaits et ces voeux de longévité et de prospérité
à l'endroit de notre église, à l'occasion de son centenaire. Qu'elle
soit, au début de son deuxième centenaire, un symbole d'harmonie, de
collaboration entre nous tous!
Adrien Dubé, prêtre-curé
Gabriel Chénard, prêtre-collaborateur |
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