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Aujourd'hui, le départ de Bertrand nous amène à penser à lui en nous
représentant ce que son passage parmi nous a laissé de beau dans nos mémoires.
Si on me demandait de faire les armoiries de Bertrand, la
devise se résumerait sans contredit aux deux mots suivants: Service et
Fidélité. Dans chaque dimension de la vie de Bertrand, on peut
découvrir invariablement cette devise; on peut dire que ces deux qualités
furent le leitmotiv de son agir. Quels que soient les contacts que nous avons
eus avec lui, vous y verrez ce souci de rendre service, souci accompagné d'une
bonne dose de fidélité. Quand vous aviez besoin d'aide, Bertrand se rendait
disponible et il agissait jusqu'aux limites de ses compétences. Dans
l'écusson des armoiries, il y aurait un espace dans lequel j'y
dessinerais une main tendue, symbole de l'aide que Bertrand a
apportée à chaque membre de sa famille et d'une manière plus particulière au
bien-être de sa mère et de sa soeur Marie. Il répondait à leurs moindres
besoins; ce qui comptait pour lui, c'était leur confort et qu'elles ne
manquent de rien. Il y veillait et tenait à s'en assurer de visu presque
quotidiennement. Il faudrait aussi se rappeler toute la présence qu'il
accordait à ses beaux-parents.
Comme
directeur général de la Caisse Populaire, il a été durant vingt ans le gardien
des épargnes de la majorité des gens de Mont-Carmel. Combien de sociétaires
ont eu recours à ses conseils? Il ne ménageait pas son temps et ses efforts
pour trouver des solutions aux problèmes financiers qui lui étaient présentés.
Pour répondre à des besoins urgents de sociétaires, il n'hésitait pas à se
rendre à son bureau de la caisse, même si c'était en fin de semaine. Malgré la
rigidité des règlements de la Caisse populaire Desjardins, il savait les
interpréter et les adapter à la situation de chacun. Il avait appris à
connaître son monde. Pouvez-vous me dire pourquoi il faisait le tour de la
municipalité quasiment à tous les jours après sa journée de travail? Je me
souviens qu'un jour, étant en visite chez moi, il m'avait demandé où était
située telle rue dans Saint-Nicolas. Nous y sommes allés et au retour il m'a
dit que la Caisse de Mont-Carmel avait consenti une hypothèque au propriétaire
de la dite maison. Je n'ai su que le nom de la rue. Il était discret mais il
était aussi secret. C'était une façon de cueillir de l'information. Notre ami
connaissait l'histoire des sociétaires et de leur famille. Tous ces
renseignements recueillis sans tambour ni trompette lui permettaient
d'accomplir son travail de directeur à l'image d'un bon père de famille.
Aujourd'hui, Mont-Carmel se doit d'être fier d'avoir eu dans ses rangs ce
bâtisseur de souche. À cette étape, j'ajouterais comme
symbole à l'écusson, une pièce de monnaie au centre de laquelle on y aurait
frappé le sigle du Mouvement Desjardins.
Outre
son apport professionnel voué à la richesse de ses concitoyens, il s'est
impliqué dans plusieurs mouvements paroissiaux: le Club des Lions, la Garde
paroissiale dont il fut un des pionniers, membre actif du Centre des Loisirs,
administrateur de la Coopérative de Mont-Carmel. Il était bénévole depuis dix
ans pour l'organisme de transport Bénévac; il accompagnait des personnes à des
rendez-vous chez le médecin ou des traitements dans les hôpitaux de Lévis, de
Québec ou de Rivière-du-Loup. Son engagement ne s'est pas démenti malgré la
perte complète de sa voiture, provoquée par une collision avec un chevreuil
lors d'un voyage dans ses fonctions de bénévole. Pendant son hospitalisation,
quelques jours avant de nous quitter pour l'au-delà, il insistait auprès de
Réjeanne pour qu'elle fasse les accompagnements prévus. Pour lui, rendre
service et être fidèle à ses "protégés", c'était primordial. Les organisateurs
d'actions communautaires pouvaient compter sur l'aide de Bertrand en toutes
circonstances. La plupart du temps, sinon tout le temps, il acceptait de
mettre l'épaule à la roue soit pour une souscription, soit pour l'organisation
d'une fête ou d'un évènement. Par exemple, pendant plusieurs années, il
acceptait que sa maison soit envahie pour la préparation des paniers de Noël
et les brunches de l'organisme Saint-Vincent-de-Paul. Sa collaboration aussi
allait jusqu'à utiliser ses deux voitures pour transporter les provisions
fournies par Moisson Kamouraska. Il en a manipulé des boîtes de conserve.
La symbolique de ses actions bénévoles se traduirait dans l'écusson
par le semeur et le grain de blé.
Notre
ami Bertrand avait d'autres ressources. Dès son adolescence, il émerveillait
les amateurs de hockey par sa fougue et sa finesse à déjouer l'adversaire ou à
bloquer les attaques de l'équipe adverse. Sa carrière de joueur terminée, il
devint un amateur assidu du hockey et du baseball régional. Ce qu'il aimait le
plus dans ces sports, c'était les stratégies. Une autre de ses passions était
le contact avec la nature, l'aménagement de son lot à bois, l'exploitation
d'une érablière avec un groupe d'amis et la pêche. Le symbole de
l'épinette représenterait cet intérêt pour la nature.
Ceux qu'il recevait chez
lui ont certainement observé l'accueil qu'il réservait à tout visiteur. Il
avait le souci de les mettre à l'aise. C'était simple, agréable et sans
cérémonie. Si vous le visitiez à la fin du mois d'août, vous aviez
l'opportunité de faire le tour de son jardin qui regorgeait de légumes. Il
avait appris à amender la terre et la rendre complice de son travail.
Réjeanne, toi qui l'as épaulé admirablement tout au long de vos quarante-cinq
ans de vie conjugale, Marie-France et Marie-Hélène qui avez eu un père aimant,
vous tous, les petits-enfants, qui avez eu un grand-papa attentif à vos
besoins, rappelez-vous toujours de l'amour qu'il vous portait. Et vous,
citoyens de Mont-Carmel, souhaitez-vous d'avoir d'autres personnes de la
trempe de Bertrand qui améliorent la société et la rendent plus humaine.
Bertrand, un merci
sincère pour ce que tu as été, pour ce que tu as apporté à ta famille et à
tes concitoyens et pour tous les gestes de service et de fidélité
qui sont inscrits dans tes armoiries.
Jacques Royer
le 12 avril 2008
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