Homélie de Monseigneur
Yvon Joseph Moreau

 

 

 

 Homélie pour le 150e  de Notre-Dame-du-Mont Carmel – 25-06-2017

Parole de Dieu : 1 Th 1, 1-5b  et Mt 7, 21.24-25

            Dans ce Haut-Pays de Kamouraska, votre église paroissiale s’élève avec fierté
et, de loin déjà elle attire l’attention sur votre village.
Aujourd’hui, avec raison, vous êtes heureux de fêter les 150 ans de votre paroisse
et de vous rappeler les faits marquants de votre histoire.
Au cours de cette célébration eucharistique,
à la lumière de la Parole de Dieu qui a été proclamée,
j’aimerais surtout mettre en valeur la foi et l’engagement
de ceux et celles qui ont  construit votre paroisse et votre église.

            Nous avons entendu saint  Paul dire aux habitants de Thessalonique :
Sans cesse, nous nous souvenons que votre foi est active,  
que votre charité se donne de la peine,
que votre espérance tient bon en notre Seigneur Jésus Christ.

Mes sœurs et mes frères de Mont-Carmel,
si vous regardez votre histoire en allant cœur de ce qu’elle a été
et de ce qui a maintenu son élan au cours des années,
vous reconnaîtrez sûrement cette foi active, qui ne craint pas de se retrousser les manches…
Vous reconnaîtrez encore cette charité qui ne compte pas ses heures et son temps…
Vous reconnaîtrez enfin cette espérance qui permet de surmonter les épreuves
et de trouver des solutions novatrices devant les difficultés qui se présentent…
La foi, la charité et l’espérance deviennent ainsi le moteur intérieur de la véritable histoire.
Dans l’évangile, Jésus lui-même nous a rappelé que pour construire des œuvres solides,
nous avons besoin de nous appuyer sur le roc de sa parole.

            Regarder aujourd’hui le passé de votre paroisse avec reconnaissance,
c’est nourrir en vous l’espérance pour son avenir…
Un avenir qui ne se construira pas tout seul, et qui ne peut oublier
les valeurs de foi et de bénévolat généreux qui ont assuré votre passé.
Vous en êtes sans doute aussi conscients que moi :
la gratuité et l’engagement bénévole sont d’une importance vitale
pour l’avenir de nos paroisses tant au plan civil qu’au plan religieux.
Si, en regardant le passé, vous étiez capables de faire un décompte exact
de toutes les heures de bénévolat qu’il représente, vous seriez dans la stupéfaction…
Si vous parveniez à additionner ce que ces heures peuvent représenter financièrement,
vous réaliseriez que vous n’auriez jamais pu honorer une telle somme.
C’est la gratuité et le bénévolat qui ont sauvé la vie de nos paroisses et de nos églises
jusqu’à aujourd’hui, c’est encore la gratuité et le bénévolat qui assureront leur avenir,
pour une large part.

            Je sais qu’un historien de votre paroisse a su mettre en valeur le rôle des femmes
dans la vie économique de votre milieu.
Personnellement, aujourd’hui je veux souligner avec insistance et avec admiration
le rôle des femmes dans la vie chrétienne de nos différentes paroisses,
espérant ne pas rendre les hommes jaloux !...
D’abord, dans nos maisons, nos mères et nos grands-mères,
femmes de prière et femmes d’action,
ont été ces personnes à la foi laborieuse, à la charité inlassable et à l’espérance invincible…
C’est avant tout par leur exemple et leur don joyeux d’elles-mêmes
qu’elles ont su transmettre la foi dans le Christ et leur attachement à l’Église.
Longtemps, et nous devons le reconnaître humblement,
les femmes ont malheureusement été tenues à l’écart d’un rôle actif
au sein de nos communautés chrétiennes.

Nous les prêtres, curés et vicaires, étions en quelque sorte des hommes orchestres
et nous occupions presque tout l’espace.
Peu à peu, heureusement, les choses ont changé
et nous voyons de nombreuses femmes catéchètes
engagées au niveau de la formation à la vie chrétienne,
d’autres qui s’impliquent dans le domaine des célébrations et de la liturgie,
enfin d’autres qui donnent généreusement de leur temps
au service de la vie fraternelle et communautaire.
Il y aussi des femmes qui travaillent avec compétence en tant qu’agentes de pastorale.
Je reconnais et j’aime à dire que si ce n’était du bénévolat
et de l’engagement de ces nombreuses femmes,
nous aurions dû mettre la clef sur la porte de nombreuses églises
et que plusieurs de nos communautés chrétiennes seraient encore davantage anémiques.

            Mes sœurs et mes frères de cette belle paroisse de Mont-Carmel,
au cœur de ces célébrations de votre 150,cette eucharistie vous appelle à l’action de grâce pour votre passé
et elle vous invite à un sursaut de foi et d’espérance pour votre avenir.
Ici, au diocèse de Sainte-Anne, notre Église avance peu à peu
dans un Tournant missionnaire qui m’apparaît vital
pour le futur de la vie chrétienne chez nous.
Hommes et femmes, frères et sœurs, nous sommes tous appelés à cheminer
comme des disciples-missionnaires, heureux de croire en Jésus Christ,
heureux de célébrer leur foi et de la partager.
Des disciples-missionnaires qui trouvent le goût de l’engagement et du bénévolat
pour la vie de leur communauté chrétienne et de leur paroisse,
pour l’avenir de la foi, de la charité et de l’espérance chez nous…

                                                                        + Yvon Joseph Moreau, évêque de Sainte-Anne

 

 
 

28-06-2017